vendredi 21 décembre 2007

Comment retourne t'on les peuples ?

Blog 069

Décembre 2007

Comment retourne t’on les peuples ?

Depuis que je m’intéresse, plus en observateur critique qu’en tant que militant actif, à la politique nationale et internationale une question me revient d’une façon quasi systématique et me pose un problème intellectuel : c’est la versatilité des acteurs politiques qu’ils soient électeurs ou candidats aux postes dirigeants...

En effet, ce phénomène ne semble pas limité à quelques pays grands ou petits qu’ils soient démocratiques ou non et je dois vous avouer que le cas de l’ex URSS, qui comptait plus de 200 millions d’habitants, et qui, en quelques semaines, s’est vu changer de système politico-économique heureusement sans trop de violence m’interpelle particulièrement...

Bien sûr on me rétorquera que le collectivisme avec son économie hyper planifiée n’était pas viable à terme et que les « goulags » posaient problèmes vus par les pays dits démocratiques...

Mais enfin, retourner 100 millions d’électeurs ce n’est pas évident surtout lorsque l’on connait les moyens de conditionnement employés depuis la plus tendre enfance et l’encadrement social mis en place...

Je ne suis pas allé en URSS mais ai fait quelques séjours dans d’autres pays ayant le même système politique et je n’ai jamais ressenti de contestation vis-à-vis de ce système de type collectiviste ( Chine, Roumanie, Hongrie, Yougoslavie )....

Bien sûr après un renversement de régime souvent aidé par des puissances étrangères voire par l’Eglise dominante, dont un travail de « sape » préalable avec des opposants liés à ces puissances étrangères, un nouveau régime est instauré, avec plus ou moins de sympathie populaire, par les intéressés et il s’ensuit souvent une certaine période d’instabilité due aux prétentions des uns et des autres...

Les exemples abondent tant en Europe qu’en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud et la liste serait trop longue pour récapituler tous les évènements qui se sont passés au cours des décennies récentes je me contenterai de citer la Grèce dans les années 1950 / 1960 avec la dictature des colonels aux ordres des USA, la disparition du « Mur de Berlin » en 1989 avec la réunification de l’Allemagne qui s’en est suivie, la désintégration de la Yougoslavie après la disparition de Tito et le rétablissement de ce qu’on a appelé à une époque la « balkanisation » avec ses guerres « civiles » interethniques, etc.

En ce qui concerne l’Amérique Latine les Coups d’Etats ne se comptent plus et il serait trop long d’en faire l’historique et de prédire l’avenir prochain malgré des élections d’aspect légal.....

Il est extrêmement rare de trouver des exemples de renversements de régime sans une aide non désintéressée d’autres pays tant au plan économique que stratégique : comme dirait un policier : « cherchez le mobile »...

Une constatation est toutefois à faire et je ne me sens pas en mesure d’en expliquer la cause. Il s’agit des pays d’Europe du Nord et en particulier de la Scandinavie, pays démocratiques s’il en est, et qui à ma connaissance ne sont pas sujets à de violents changements de régime politique depuis plusieurs siècles si l’on exclut l’occupation allemande de la dernière guerre...

Les 4 ou 5 pays scandinaves ont une culture politique qui semble les mettre à l’abri d’affrontements violents ( Sociale Démocratie ? )...

Pour revenir au titre de cette modeste réflexion « historico-politique » choisi délibérément pour provoquer je ne saurais trouver de mot pour qualifier les citoyens de tous les pays mis en condition permanente pour accepter beaucoup de choses et surtout l’inacceptable...

Je ne citerai que quelques exemples de notre histoire nationale tels que la prise de pouvoir par les Napoléon oncle et petit neveu par voie de plébiscites, « l’élection » du Maréchal Pétain en 1940 par une majorité importante de nos Députés Républicains ainsi que son acclamation par 1 million de Parisiens lors de sa fuite dans les fourgons de la Wehrmacht quelques jours avant l’arrivée de De Gaulle à Paris lui-même acclamé par ces mêmes Parisiens...

Ce qui était explicable, sinon pardonnable, à une époque où le niveau d’instruction était limité et le conditionnement religieux omniprésent ne l’est plus de nos jours : seuls le manque de courage civique et la paresse intellectuelle font que les Citoyens que nous sommes sont indignes de ce nom porteur de responsabilités vis-à-vis de soi-même et des autres...

De surcroit, le matraquage systématique des média aux ordres ainsi que les émissions de télévision axées sur des jeux rémunérateurs et des films d’un niveau lamentable ne peuvent en aucun cas permettre un minimum d’accès à une culture digne de ce nom et par voie de conséquence former des Citoyens conscients, responsables et capables de prendre une décision en matière politique car, quoiqu’en disent certains, rien n’échappe à la politique dans notre vie de tous les jours....


Et ceux qui prétendent ne pas vouloir faire de la politique la laissent faire par d’autres qui y trouvent de multiples intérêts....

Rlz.

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