lundi 24 septembre 2007

Le Positivisme d'Auguste Comte

Auguste Comte


Fondateur de la doctrine positiviste, Auguste Comte voulut créer une

nouvelle religion, une religion de l'humanité. Il invente le mot "sociologie"

et l'on peut donc considérer qu'il est le premier à avoir mis dans les sciences

une science humaine.

Les sources de sa pensée.

D'abord disciple de Saint-Simon dont il récusera par la suite les concepts, il subit l'influence

indirecte d'Aristote, de Descartes et surtout de Condorcet.

La vie d'Auguste Comte

Auguste Comte est né à Montpellier en 1798, dans une famille de petite bourgeoisie

catholique. Après de brillantes études, il est reçu en 1814 quatrième à l'école Polytechnique (il

a alors 16 ans). Il suit des cours de médecine à la faculté de Montpellier, lorsque la monarchie

ferme l'école, devenue un foyer d'agitation républicaine. Il retourne à Paris et étudie Monge,

Condorcet, Montesquieu et Laplace. De 1817 à 1824, il est le secrétaire de Saint-Simon et

collabore à l'équipe de l'Industriel. A cette époque, il rédige des essais politiques, ainsi que des

Plans de travaux scientifiques nécessaires à la réorganisation de la société. C'est à propos de

cette réorganisation qu'il se brouille avec Saint-Simon. Il donne alors des leçons de

mathématiques pour vivre. En 1826, il commence, à titre privé, un cours de philosophie

positive. Humboldt, H. Carnot, Blainville (physiologiste), Poinsot (mathématicien), puis plus

tard Fourier et Esquirol (médecin) seront ses élèves. Six tomes seront publiés entre 1830 et

1842. Nommé en 1832 répétiteur à l'Ecole polytechnique, il publie en 1844, le Discours sur

l'Esprit positif. Ses convictions républicaines l'empêchent d'obtenir la chaire de géométrie et

lui font perdre son emploi en 1852 (il vivra alors des subsides de ses disciples). En octobre

1844, se produit l'évènement capital de sa vie : il rencontre Clotilde de Vaux. La mort de

Clotilde, en 1846, bouleverse Comte. Il voue un culte à Clotilde, devenue la patronne du

positivisme. C'est à cette époque que commence sa "seconde carrière". Le Cours s'adressait à

l'intelligence et visait une réorganisation mentale de l'humanité. Désormais Comte s'attache à

la réorganisation "morale".

Sa philosophie évolue vers une "religion de l'humanité" à laquelle il se consacrera jusqu'à sa

mort. C'est le but que vise le Système de philosophie positive ou traité de sociologie instituant la

religion de l'humanité. Devenue essentiellement religieuse, la doctrine comtienne est exposée

dans le Catéchisme positiviste (1852) et la Synthèse subjective du système universel des

conceptions propres à l'état normal de la société, ouvrage que la mort de l'auteur, le 5

septembre 1857, laisse inachevé.


Apport conceptuel.

Auguste Comte est le fondateur du positivisme. Cette philosophie privilégie la connaissance

scientifique au détriment de la métaphysique. Selon Auguste Comte, la science est le seul type

de pensée actuellement efficace. L'esprit humain doit renoncer à la métaphysique car il ne

saurait atteindre le fond des choses. Seules les lois de la nature sont connaissables. A la

question du "pourquoi" doit se substituer celle du "comment". Il faut " savoir pour pouvoir

afin de pourvoir ". La science triomphera de l'Église de façon inévitable, par le progrès de

l'esprit positif. Selon la célèbre loi des trois états, l'esprit humain passe par trois états

successifs qui constituent les trois étapes de l'espèce humaines (mais aussi de chaque individu)

vers le stade positif :

• L'état théologique ou fictif. Cet état est spontané. L'esprit humain y recherche la nature

intime des êtres, les causes premières et finales. Bref, il cherche des connaissances

absolues. Il se représente les phénomènes comme produits par l'action directe et continue

d'agents surnaturels plus ou moins nombreux dont l'intervention arbitraire explique les

anomalies apparentes de l'univers. On expliquera par exemple ces anomalies par l'action

de Zeus ou de Poséidon.

• L'état métaphysique ou abstrait. Les agents surnaturels sont remplacés par des forces

abstraites ou des entités, par exemple l'hypothèse de l'âme en psychologie.

• L'état scientifique ou positif. L'esprit humain comprend qu'on ne peut comprendre ni

l'origine, ni la destination de l'univers. Il renonce à la question du " pourquoi ? " et

recherche par l'usage unique du raisonnement et de l'observation les lois effectives de la

nature " c'est à dire leurs relations véritables de succession et de similitude "

Cette loi des trois états est la loi générale du développement de la pensée. Auguste Comte

procède aussi à une classification des sciences. Les sciences accédant à l'état positif les unes

après les autres, on peut selon leur degré d'avancement procéder à leur classification. On

aura dans l'ordre : les mathématiques, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie et

enfin la sociologie. L'ordre va des sciences dont l'objet est le plus général à celles dont il est le

moins général, du plus simple au plus complexe, du plus abstrait au plus vivant pour se

rapprocher de l'homme. Si la sociologie est la dernière née, elle est pourtant la plus

importante. A l'âge de la science doit en effet correspondre une politique fondée sur une

organisation rationnelle de la société. Enfin, Comte préconise une religion de l'humanité.

Cette religion est une religion sans Dieu. L'homme doit adorer l'humanité elle-même c'est à

dire l'ensemble " des êtres passés, futurs et présents qui concourent librement à perfectionner

l'ordre universel ". Les grands hommes ont une immortalité subjective. Elle consiste à être

honoré après sa mort et éventuellement à être l'objet d'un culte.

Le nom des grands hommes sera inscrit au calendrier positiviste. " L'humanité se compose de

plus de morts que de vivants. ". Comte annonçait la paix et l'harmonie parfaite pour le XX°

siècle, grâce à l'avènement de la religion positiviste.


Les principales oeuvres.

Les oeuvres les plus importantes d'Auguste Comte sont :

.Le Cours de philosophie positive (1830-1842)

• Le Discours sur l'esprit positif (1844)

• Le Système de politique positive (1851-1854)

• Le Catéchisme positiviste (1852)

dimanche 23 septembre 2007

Un peu de Poésie

Blog 049

Septembre 2007

Un peu de poésie.

Corps de Femme...

Corps de femme, blanches collines, cuisses blanches,

L’attitude du don te rend pareil au monde.

Mon corps de laboureur sauvage, de son soc

A fait jaillir le fils du profond de la terre.

Je fus comme un tunnel déserté des oiseaux,

La nuit m’envahissait de toute sa puissance.

Pour survivre j’ai dû te forger comme une arme

Et tu es la flèche à mon arc, tu es la pierre de ma fronde.

Mais passe l’heure de la vengeance, et je t’aime.

Corps de peau et de mousse, de lait avide et ferme.

Ah, le vase de tes seins ! Ah, les yeux de l’absence !

Ah, roses du pubis ! Ah, ta voix lente et triste !

Corps de femme, je persisterai dans ta grâce.

O soif, désir illuminé, chemin sans but !

Courants obscurs, où coule une soif éternelle

Et la fatigue y coule, et l’infinie douleur.

Pablo Neruda ( 1924 )

jeudi 20 septembre 2007

Le Pavot : une Arme silencieuse

Blog 048

Septembre 2007

Le Pavot : une Arme silencieuse.

Il est de notoriété publique que la consommation des drogues dures est en progression constante malgré les efforts de tous les services ( douanes, polices, etc.) chargés de traquer dans le monde entier les producteurs, les laboratoires clandestins, les trafiquants et les convoyeurs tant des plantes de base que des produits finis ( opium, héroïne, morphine, cocaïne ).

Il est difficile d’apprécier les quantités de produits finis qui s’expriment en dizaines de tonnes et les sommes faramineuses que représente le marché de plus en plus important dans ce domaine et les profits que cela rapporte aux intervenants de toute la chaine sauf peut-être aux paysans asiatiques, du Proche Orient ou sud américains qui cultivent les plantes de base…Mais il s’agit pour ces derniers d’une question de survie, les autres cultures et en particulier alimentaires étant moins rémunératrices que celle de la coca...

Le marché est parfaitement bien organisé, avec des concurrences entre clans, et cela malgré les contraintes dues à l’aspect illégal « apparent » de celui-ci, sauf peut-être dans les pays tels que l’Afghanistan dont c’est le principal revenu...

On connait les dégâts occasionnés par l’usage des drogues mises sur le marché et en particulier parmi les jeunes qui en deviennent vite dépendants et qui utilisent progressivement des produits de plus en plus nocifs et parfois associés à d’autres produits encore plus dangereux et en en augmentant chaque fois les doses...

Mais cet aspect, disons sanitaire, engendre pratiquement toujours une déchéance sociale qui peut aller jusqu’à la prostitution voire au suicide, sans parler des morts lentes ou rapides par overdose ou le sida...

Mais si l’on cherche à trouver l’origine des besoins d’utiliser ce type de produits on se trouve en présence d’un certain nombre de motivations pas très réjouissantes selon les régions du monde et des pays.
D’une façon générale ce sont les pays dont le niveau de vie est le plus élevé qui sont les plus gros consommateurs de stupéfiants et cela peut s’expliquer évidemment par les possibilités pécuniaires mais aussi par un certain mal de vivre dans une société qui ne favorise pas l’épanouissement intellectuel et culturel des individus. Et puis l’oisiveté et le chômage conduisent aussi à un découragement moral propice à un besoin d’évasion factice...

D’autre part, des revendeurs ( « dealers » ), souvent drogués eux-mêmes, sont à l’affut de nouveaux clients et leur technique d’approche, bien rodée, leur permet de faire de nouveaux « adeptes » rémunérateurs ce qui les met à l’abri des sanctions sévères de ceux qui les exploitent à un niveau plus en amont.

Mais ce qui m’interpelle dans ce type de trafic ce n’est pas le coté uniquement lucratif mais les objectifs politiques que cela peut supposer.

En effet, on peut imaginer une stratégie destructrice des individus pris au piège de ces drogues qui ressemble étrangement à une guerre souterraine vis-à-vis de certains pays, pour ne pas dire d’une certaine civilisation hyper consommatrice et dévoyée par rapport à des critères religieux d’un autre âge...

Etrangement les principaux lieux de production du pavot se trouvent être sous l’influence directe ou indirecte des Islamistes radicaux et il n’est qu’à voir les talibans afghans porter leurs efforts sur cette activité dans les territoires qu’ils contrôlent...

Et puis récemment il a été découvert dans le sud algérien des plantations de pavots d’une relative ampleur exploitées par des intégristes musulmans...En existe-t-il ailleurs dans la sphère d’influence islamique ?

Ce qui est à priori paradoxal c’est que les préceptes religieux de la religion musulmane proscrivent l’usage de telles drogues, au même titre que l’alcool : alors n’y a-t-il pas une autre raison de caractère agressif et belliqueux, ou aux yeux des intégristes, de sanction morale ?

Le cas de l’Amérique latine et particulièrement de la Colombie est à priori légèrement différent bien que la destination soit principalement les USA et les pays occidentaux mais, à ma connaissance, il s’agit là de la coca ce qui n’est pas mieux ni plus excusable...

Il n’est pas aussi évident que les trafiquants de coca aient les mêmes motivations politiques que les Islamistes, mais sait on jamais ?


Quoi qu’il en soit l’usage de plus en plus répandu de drogues de quelle qu’origine que ce soit constitue un grave danger pour notre civilisation et la mise en vente clandestine et organisée par des trafiquants sans scrupules se procurant leurs marchandises dans des pays qui nous sont hostiles représente une déclaration de guerre qu’il ne faut pas prendre à la légère...

Rlz

mardi 18 septembre 2007

Le Respect est-il une valeur d'un autre temps ?

Blog 047

Septembre 2007

Le Respect est-il une valeur d’un autre temps ?

Chaque jour qui passe nous permet de constater qu’il est une valeur complètement obsolète et cela pratiquement dans tous les domaines de notre vie sociale : Le Respect.

Je me souviens des leçons de morale et d’éducation civique des Instituteurs que j’avais lorsqu’il, y a bien longtemps, je fréquentais l’école publique ( et laïque ) dans la région parisienne, dont j’étais natif, en pensant néanmoins qu’il en était de même en province…

Qu’en est-il aujourd’hui des maximes renouvelées chaque matin sur le tableau noir de toutes les classes de ces écoles ?

Je n’ai jamais constaté, en tant que DDEN ( Délégué Départemental de l’Education Nationale ) fonction bénévole que j’ai assumée pendant 7 ans de ma retraite, la moindre maxime sur les tableaux des classes que j’ai visitées…

Que mes lecteurs ne pensent surtout pas que je veuille rendre responsables les enseignants de tous les problèmes d’incivilité que nous constatons tous les jours ici ou là car je crois que nous avons tous un peu de notre part dans cet état de faits et, en particulier, les parents des élèves qui ont souvent un parti pris vis-à-vis des enseignants…

Je ne prétends pas pouvoir situer d’une façon exhaustive les origines du non respect d’un minimum de règles de la vie en société mais il y a néanmoins des exemples criants que je ne peux pas passer sous silence…

Et tout d’abord « à tout Seigneur tout honneur » :

- Nos hommes politiques qui promettent tout un tas de choses qu’ils se savent incapables de réaliser, tant avant les élections qu’après avoir été élus, sans le moindre respect de la parole donnée ; non seulement ils méprisent les électeurs mais également se méprisent eux-mêmes sans la moindre pudeur…Je renonce à donner des noms tant ils sont nombreux et les dernières élections ont été un « cas d’école » particulièrement édifiant avec ses changements de camps des plus opportunistes jamais vus auparavant…

- Les policiers dont le rôle est d’assurer le respect des Lois et qui violent des prostituées dans leurs locaux sans parler des « passages à tabac » et autres « délits de faciès » qui ne sont pas là pour donner une bonne image de marque de cette profession. Comment les policiers peuvent-ils être respectés, ce qui devrait être la règle en tant que dépositaires d’une parcelle d’autorité, suite à des « bavures » de ce genre ? Evidemment ces quelques « bavures » sont « montées en épingle » par certains et génèrent une méfiance à l’égard de ceux qui sont chargés de l’ordre public. Il faut reconnaitre aussi à leur décharge que les populations auxquelles ils ont affaire dans certains quartiers ne respectent pas non plus grand-chose…

- Et que penser des Juges d’Instruction, surchargés il est vrai, qui commettent des erreurs graves de conséquences ainsi que des remises en liberté de prévenus parce qu’un greffier a omis de signer une page d’un dossier en comportant de nombreuses ?
Cela ne conduit-il pas à douter de la compétence de la Justice et donc n’inspire pas le respect ?

Bien sûr ces exemples évoqués en priorité ne doivent pas cacher le manque de respect quotidien dans tous les autres domaines de la vie en société par chacun d’entre nous, parfois sans s’en rendre compte…

J’ai évoqué plus haut les leçons de morale et les maximes qui ont marqué mon enfance scolaire et je crois savoir que cela ne se fait plus systématiquement dans les classes, de nos jours…En tant DDEN j’ai constaté avec surprise que les élèves de certaines classes tutoyaient leurs Institutrices sans que celles-ci y voient un manque, qui me parait évident, de respect de l’autorité sensée être détenue par celui ou celle qui sait et qui est chargé de transmettre un savoir y compris un « savoir vivre ».

N’y a-t-il pas là matière à réflexion sur les conséquences futures d’un tel comportement par rapport à toutes formes d’autorités ?

Et puis dans la vie de tous les jours on pourrait citer le manque de respect du code de la route ayant parfois des conséquences tragiques…

Et le respect des personnes âgées, parfois handicapées physiquement, par des jeunes et des adultes, soit lors de leurs déplacements sur les trottoirs, soit dans la traversée sur un passage clouté ?

Là je ne parle pas des propos pour le moins irrespectueux à l’encontre de ces personnes âgées que l’on ne traitait pas jadis de « vieux cons » comme on le fait aujourd’hui…

Malheureusement le non respect de la parole donnée n’est pas le monopole des hommes politiques, et, hélas, cela est fréquent dans certains commerces. Qui de nous n’a pas reçu des lettres épaisses et de grand format annonçant que l’on a gagné, après tirage au sort, soit une voiture soit, depuis peu, une somme importante d’€ jusqu’à la fin de ses jours, cadeau qui n’arrive évidemment jamais ? Là je dirai que le non respect de la parole donnée va jusqu’au mensonge pour ne pas dire plus…

En ces périodes de crise économique le « chacun pour soi » a tendance à prendre le dessus sur les valeurs citoyennes de solidarité et de respect de l’autre mais il nous faut résister à toutes les tentations égoïstes qui conduisent à une société « sans Foi ni Loi » et malheureusement ce ne sont pas nos hommes politiques qui nous montrent l’exemple…

Sans vouloir me présenter en donneur de leçons j’estime utile de rappeler qu’à une époque, pas si lointaine que cela, les élèves des écoles saluaient dans la rue leur Instituteur en se découvrant la tête de leur béret et ne les tutoyaient pas. De même qui dit encore « bonjour » en entrant dans un magasin ou en croisant des inconnus au cours d’une promenade pédestre ?

Egalement il y avait, sinon un respect, du moins une certaine crainte des policiers et des gendarmes et certains qualificatifs envers ces représentants de l’ordre public étaient évités voire sanctionnés…Qu’en est il aujourd’hui ?

Je ne voudrais pas clore ce texte sans évoquer les préceptes de certaines religions qui considèrent que les Lois de Dieu s’imposent avant les Lois des Hommes et là je ne pense pas qu’à l’Islam….
Qu’en est-il dans ce cas de la Laïcité institutionnelle qui n’est plus respectée et du comportement social qui en résulte ?

Rlz

samedi 15 septembre 2007

Darwin et l'Economie Politique

Blog 046

Septembre 2007


DARWIN et l’ECONOMIE POLITIQUE

Depuis un certain temps on entend beaucoup parler un peu partout de « Créationnisme » et « d’Evolutionnisme » à propos des théories concernant l’origine de la vie sur la Terre et en particulier de l’apparition de l’Homme…

Ces deux conceptions totalement opposées sont à la base des différends qui séparent les religions et particulièrement celles dites « du Livre » et la majorité des scientifiques matérialistes.

En quelques mots rappelons que les Créationnistes affirment que tout a été créé par Dieu sous une forme définitive, dont l’Homme, alors que les Evolutionnistes pensent que les espèces vivantes en particulier ( animale et végétale) sont en constante évolution, et même les minéraux, selon les conditions environnementales et éventuellement des « couplages » entre certaines espèces différentes et selon le principe de la « lutte pour la vie ».

Nous assistons actuellement à une offensive en règle des Créationnistes, surtout de la part des Eglises Protestantes et particulièrement celles pratiquées aux USA ( Evangéliste, Pentecôtiste, etc.) mais qui diffusent de plus en plus vers l’Amérique du Sud et l’Afrique mais également en Europe bien que ces régions du monde étaient, et sont encore, à dominante Catholique. Quoi qu’il en soit la religion Catholique partage le même point de vue sur ce sujet, à des détails près qui ne changent rien sur le fond, les sources de référence étant les mêmes à savoir la Bible dans sa première partie : La Genèse.

A ce point de cette réflexion il faut rappeler les persécutions dont furent l’objet aux cours des siècles, de la part des Inquisiteurs, les Galilée et autres savants ayant contesté les dogmes fixistes imposés depuis des siècles sans parler des « mécréants » assassinés par les tenants de l’Islam…

Ce n’est guère que depuis le 19 ème siècle que des chercheurs de diverses origines se penchèrent ouvertement et plus avant sur les problèmes de la vie des différentes espèces y compris les végétaux : Mendel, en Autriche, jetant les bases de la génétique à partir des végétaux, Buffon et Lamarck en France ainsi que Wallace en Angleterre, entre autres, travaillant davantage sur les espèces vivantes.

Ces savants inspirèrent Darwin ( 1809 - 1882 ) dont la formation scientifique polyvalente ne préparait pas à la spécialisation qui devint la sienne lors de son expédition maritime, dans les mers du Sud à bord du Beagle, dont il rapporta de nombreux spécimens tant végétaux qu’animaux.

Les déductions qu’il fit de ses observations et études, avec les moyens de l’époque, furent consignées et publiés sur plusieurs années, dont : « les Origines », « la Descendance de l’Homme » et bien d’autres communications.

Inutile de préciser que ces publications soulevèrent, d’une part, l’enthousiasme chez certains et, d’autre part, des protestations virulentes chez d’autres en particulier en ce qui concernait la filiation de l’Homme avec les singes…

Des confrontations d’arguments des tenants de l’une et l’autre théories furent nombreuses à l’époque mais stériles néanmoins les partisans du Créationnisme n’ayant aucune preuve matérielle à apporter au débat…Seule leur Foi servait d’argument…

Il semble que Darwin qui avait reçu une éducation religieuse dans sa jeunesse n’ait pas été gêné par celle-ci dans ses conclusions de caractère scientifique de même pour d’autres intellectuels
Evolutionnistes…

Depuis Darwin d’autres chercheurs ont conforté la théorie de l’évolution des espèces dans diverses directions mais malheureusement aussi certains ont travaillé depuis sur des espèces végétales, en créant les OGM en particulier, qui sont particulièrement résistants aux maladies et aux parasites et sur le clonage sur des espèces animales et l’on peut se demander où cela peut s’arrêter malgré les assurances des responsables politiques en ce qui concerne les humains…

Ce point négatif confirme, s’il en était besoin, qu’il est possible de faire évoluer des espèces vivantes végétales ou animales par des actions extérieures pas uniquement et forcément chimiques…

Rappelons pour mémoire que les OGM sont « stériles » et que de ce fait ils sont dans l’impossibilité de générer des graines susceptibles de perpétuer l’espèce en empêchant tout ré-encensement ce qui fait bien l’affaire des fournisseurs, surtout américains, et risque d’aggraver les conditions alimentaires des pays sous-développés…

Par ailleurs, les philosophes marxistes ( Marx et Engels en particulier ) ont trouvé dans les travaux de Darwin des éléments de base rejoignant leurs théories de l’évolution des sociétés humaines et de la lutte des classes : c’est une des raisons pour laquelle Darwin a été réfuté sur le plan politique par les tenants du pouvoir capitaliste.

En effet, les théories de Darwin et en particulier l’évolution des espèces en fonction des conditions de vie abondent, au plan physiologique, tout à fait dans le sens du Marxisme et il n’est pour s’en convaincre que de voir l’évolution de la taille des humains en fonction de leur alimentation et de leur activité physique…

Mais là ne s’arrête les rapprochements entre l’Evolutionnisme et le Marxisme, philosophie matérialiste et humaniste, et l’on peut comprendre le sens de la dialectique qui préside aux bases de cette dernière philosophie qui prend en compte les bases de l’Evolutionnisme en les appliquant à la société humaine car il y a aucun doute quant à la similitude des démarches intellectuelles.
De surcroît, le « Matérialisme Historique » de Marx réfute toute idée « d’Intelligent Design », en d’autres termes, d’un Dieu créateur de toutes choses très à la mode aujourd’hui dans certains milieux évoqués plus haut ( Protestantisme militant )…

D’autre part, ne peut-on pas rapprocher de tout ce qui précède l’hypothèse du « Surhomme » de Nietzsche, le philosophe, des théories de Darwin et de ses continuateurs si l’on admet, en le généralisant, le principe Evolutionniste ?
En effet, pourquoi l’Homme d’aujourd’hui serait-il définitivement figé dans sa configuration physique et intellectuelle ?
L’histoire de l’Homme avec ses périodes « homo erectus », « homo sapiens-sapiens », etc. prouve à l’évidence la validité des théories de Darwin…

Et puis pour clore ce bref survol politico-scientifique je rappellerai simplement les problèmes qui se posent aux biologistes et aux médecins en matière de virus mutants et de maladies nosocomiales qui confirment les connaissances que nous avons sur l’influence du milieu environnant sur des organismes vivants même les plus petits…

Rlz

lundi 10 septembre 2007

Le Temps



Blog 038 a

Août 2007

Le Temps.

Avant-propos :

Que mes lecteurs se rassurent je ne vais pas leur parler du temps météorologique particulièrement désastreux en France cette année et qui a gâché les vacances estivales de nombreuses familles.

J’ai l’intention d’évoquer le temps chronologique sous différents aspects en ayant conscience toutefois qu’il s’agisse d’un sujet difficile auquel de nombreux savants et philosophes se sont intéressés depuis l’antiquité l’ayant même intégré à leurs mythologies et cela sous toutes les latitudes.

Les Grecs anciens avaient pour divinité primordiale du temps Chronos ( ou Cronos) issue des traditions orphiques. Chez les Romains il correspondait à Saturne et ses attributs étaient la faux et le sablier.

En fait, je vais me laisser aller à diverses réflexions et surtout récapituler tout ce qui me paraitra utile d’évoquer sur ce sujet sans prétention didactique…
De plus, je vais essayer de prendre le temps nécessaire pour murir mon propos…


Ma première interrogation portera sur le fait que depuis que je me suis mis devant mon ordinateur pour écrire sur le sujet il s’est déjà écoulé un certain temps et il en est de même pour tout ce que nous faisons et ferons par la suite : le temps est inexorable et incontournable à priori. Pourquoi ? Certains vous diront que Dieu l’a décidé ainsi et qu’il n’y a pas à se poser de questions à ce propos : réponse facile mais invérifiable…

D’autres vous diront que le temps a commencé à courir à partir du « Big Bang » phase initiale de tout ce qui existe et existera jusqu’à ce que l’univers subisse une nouvelle « mutation » : contraction ou expansion des constellations et dans ce cas que sera le temps ? Moi, je ne sais pas et je ne saurai surement jamais pour la raison évidente que nos facultés intellectuelles et même notre imagination sont dans l’incapacité de concevoir un monde qui s’inscrive dans un domaine à plus des 3 dimensions physiques dont nous sommes faits et dans lequel nous vivons.

Bien sûr Einstein a trouvé par le biais des mathématiques la possibilité d’une 4 ème dimension qu’on s’est empressé d’affecter au temps, mais rien n’a prouvé matériellement cette théorie à la date d’aujourd’hui bien qu’on ait imaginé une courbure de « l’espace / temps » qui satisfait certains scientifiques…

Et puis tous les êtres vivants dont les végétaux (et les minéraux) ont un commencement et une fin déterminés par le temps : ils naissent, grandissent, murissent, éventuellement se reproduisent et meurt, sans forcément en avoir conscience : tout ce qui est biologique est dépendant du temps, d’ailleurs les médecins savent très bien que, par exemple, le temps de cicatrisation d’une plaie a été mis en équation par Alexis Carrel en prenant en compte l’âge physiologique du patient…Ne parle t’on pas aussi de « l’usure du temps » ? Une des particularités du temps, tout du moins vue par l’homme, est son irréversibilité : on se souvient de son passé, on vit le présent mais on ne connait pas son futur et encore quand j’écris « présent » c’est déjà du passé…

Je parle là de l’homme en tant qu’entité mais je ne parle pas de la société dans laquelle il vit et qui, elle, est organisée et dirigée selon des intérêts présents et futurs qui n’ont rien à voir avec la nature…

A ce propos on peut faire remarquer que pour les banquiers le temps travaille avec l’argent des clients et que l’expression citée ci-dessus « l’usure du temps » est tout à fait applicable à ce cas et l’on peut se demander ironiquement qui a créé cette expression…

Et puis on peut se poser la question de savoir si le temps, ou tout du moins la façon dont on le ressent, est absolu ou relatif selon ce qu’on en fait. En effet, si l’on effectue une tache pénible on a hâte d’en finir alors que lorsque l’on est en vacances dans un cadre agréable on voudrait que le temps cesse de s’écouler il en est de même au plan sentimental dans le cas d’un amour profond par exemple…

L’homme a toujours été préoccupé par cette notion de temps et il a, très tôt dans l’histoire, cherché à le mesurer d’abord avec des moyens rudimentaires dont le gnomon sorte de perche plantée dans le sol et dont on observe la position de l’ombre au sol et la clepsydre à écoulement d’eau des Egyptiens, le sablier, puis plus tard à l’aide de mouvements mécaniques ( pendules à balancier) et de nos jours avec des montres à quartz vibrant sans parler des étalons atomiques…

Indépendamment de la mesure du temps à court terme effectué par les divers systèmes horlogers les calendriers et autres éphémérides donnent des informations temporelles sur le plus long terme et l’histoire religieuse ou non foisonne de documents chargés de se situer dans le temps selon des critères arbitraires tenant compte de la position des astres et des planètes et cela depuis l’antiquité. Les Chinois avaient leur calendrier, les Aztèques avaient le leur et les Chrétiens en ont eu plusieurs variantes ( julien, grégorien ) selon les Papes qui les avaient promus. Aucun de ces calendriers ne donne le temps avec une précision absolue c’est la raison pour laquelle il y a des années bissextiles mais malgré cela des rattrapages à plus long terme sont quand même nécessaires…

Il est bien évident que les scientifiques ( astronomes, astrophysiciens, navigateurs, etc.) ont besoin d’outils plus performants leur donnant des informations d’une grande précision pour effectuer des calculs fiables et l’on imagine sans peine ce que serait l’envoi dans l’espace d’engins devant atteindre une planète après un parcours de plusieurs années sans ces bases de temps dont la précision et la fidélité s’expriment dans des ordres de grandeur d’au moins 100…

Dans un autre ordre d’idées la datation de certains évènements de nature humaine ou géologique fait appel aux particularités des éléments radioactifs dont la durée de vie est connue et en particulier le carbone 14. On connait parfaitement la durée de vie de ces éléments et la réduction de leur masse est une fonction mathématique du temps.

Dans les sciences physiques et dans la technique on utilise des unités de mesure dont il existe plusieurs systèmes selon les applications mais dans tous les systèmes en usage ( MKSA, MTS,
MKpS, CGS ) est présente l’unité de temps qui est toujours la seconde…A ce propos il faut rappeler que la seconde et le mètre sont parfaitement définis officiellement aujourd’hui à partir des radiations de l’atome de césium 133.

L’histoire de l’humanité a été ponctuée au fil des siècles par de grands évènements et d’autres de moins d’importance mais une inévitable continuité a fait que les sociétés ont évolué vers plus de liberté et de confort matériel mais malheureusement aussi vers des conflits de plus en plus meurtriers on ne peut donc pas tirer de conclusions définitives sur une relation de cause à effet par rapport au temps qui s’est écoulé, tout dépend des critères retenus pour évaluer les progrès.

Quoi qu’il en soit, comme dit plus haut, le temps est, par définition, irréversible et l’instant actuel est la résultante de toute une histoire avec ses hauts et ses bas…Et qui souhaiterait revenir quelques siècles en arrière même si aujourd’hui des intérêts économiques, financiers et politiques font que des acquis sociaux sont remis en cause par certains qui proposent une nouvelle société qui ne va pas dans le sens de l’histoire et considèrent, sans le dire, que le temps est réversible ?…

Pour terminer ce petit texte quelque peu général je soumettrai à mes lecteurs les quatre citations ci-dessous :

- « Je suis moi-même le temps » de Merleau-Ponty,

- « Tu ne vois pas le monde tel qu’il est tu le vois tel que tu es » du Talmud,

- «Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame. Le temps, non, mais nous nous en allons. » de Ronsard,

- « Le temps n’est pas quelque chose qui existe en soi. » de Kant.

Rlz

samedi 8 septembre 2007

Un peu de Poésie

Blog 045

Septembre 2007


Un peu de Poésie :


« Madrid »


Madrid seule et solennelle,

Juillet t’avait surprise avec ta joie

De rayon de miel pauvre ; claire était la rue,

Clairs étaient tes songes.

Un hoquet noir

De généraux, une vague

De soutanes rageuses

Rompit entre tes genoux

Ses eaux boueuses et leurs ruisseaux de fange.

Les yeux encore tout meurtris de sommeil

Avec un vieux fusil et des pierres, Madrid

Tu te défendis. Tu courrais

Dans les rues

Laissant les traces de ton sang sacré

Rassemblant, appelant d’une voix d’océan

Avec ton visage à jamais changé

Par la lueur du sang.

Madrid,

Comme une montagne vengeresse,

Comme une sifflante

Etoile de couteaux.

Lorsque dans les ténébreuses casernes,

Dans les sacristies de la trahison,

S’enfonça son épée ardente,

Il n’y eut qu’un long silence d’aube,

Il n’y eut que le pas haletant des drapeaux,

Et qu’une honorable goutte de sang sur ton sourire.



Pablo Neruda 1937

Nos Cliniques intéressent les Yankees

Blog 044

Septembre 2007

Nos Cliniques intéressent les Yankees

Peut-être avez-vous déjà appris que nos « amis » américains investissent de plus en plus en France, et ailleurs sûrement, dans les Cliniques privées par le biais de leurs « Fonds de Pension » avec la complicité évidente de nos dirigeants…

En d’autres termes, cela signifie que les Français vont payer les retraites des Américains dans le coût des soins et opérations chirurgicales prodigués selon la nécessité et, bien sûr, avec l’argent des malades, des Mutuelles et de la SECU car les tarifs médicaux vont inévitablement augmenter pour satisfaire les besoins de nos « Amis d’Outre Atlantique » qui, évidemment, vont s’introduire dans les Conseils d’Administration de nos Cliniques et imposer leurs vues…

Notre Gouvernement qui cautionne ce genre d’opérations a, sans aucun doute, intégré tout cela dans son programme de réduction des avantages sociaux de nos concitoyens au prétexte de concurrence internationale mais en épargnant, bien sûr, ses amis fortunés qui disposent de comptes en Suisse, au Japon ou aux Caraïbes…

L’opération qui a coûté des centaines d’emplois chez Michelin ces dernières années est en train de se reproduire avec les Cliniques dont les probables réductions de personnel et des moyens techniques conduiront à une baisse de performances de notre système de santé qui était un des meilleurs au monde.

Ce type d’opérations se produira sûrement dans d’autres domaines, dans l’indifférence générale faute d’informations, bien entendu, mais surtout de curiosité de nos concitoyens…

Qui a entendu parler de toutes ces opérations sur nos chaines de TV et dans les média en général ?

Il est vrai que ces moyens d’informations sont entre les mains de ceux qui nous « managent » comme on dit de l’autre coté de l’Atlantique…

Faudra t-il reprendre les pinceaux qui nous ont servi dans les années 50 pour écrire sur les murs :

« US GO HOME » ?

Rlz

mercredi 5 septembre 2007

Déregulation du marché de l'énergie

A DIFFUSER LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE

Quelques petits conseils pour éviter les surprises à partir du 1er juillet 2007

En effet, à cette date le marché de l’électricité et du gaz sera ouvert à la concurrence de part la volonté de nos « dirigeants » et de Bruxelles et beaucoup de monde risque de se faire piéger.

Un premier conseil : ne cédez pas aux sirènes téléphoniques et autres démarchages, même et surtout de la part d’EDF et/ou de Gaz de France.


Pour info, les fournisseurs d’électricité :

Les fournisseurs Gaz :

- ALTERNA

- COMP. NAT. DU RHONE (SUEZ)

- DIRECT-ENERGIE SA

- EDF

- ELECTRABEL France (SUEZ)

- ELECTRICITE DE STRASBOURG

- ENDESA ENERGIA

- ENERCOOP

- GAZ DE France

- GAZ ELECTRICITE DE GRENOBLE

- OUEST ENERGIE

- POWEO

- SIGEXY

- SOREGIES

- USINE ELECTRIQUE DE METZ

- ALTERGAZ

- BP GAS & POWER

- DISTRIGAZ

- EDF

- ELECTRABEL

- ENI

- E.ON GROUP

- GAS NATURAL

- GAZ DE FRANCE

- GAZ DE PARIS

- HYDRO ENERGY

- IBERDROLA

- POWEO

- SOTEG

- TOTAL

- WINGAS

Listes mises à jour régulièrement à consulter sur www.cre.fr

1) TARIF REGULE, ELIGIBILITE ET TARIF CONCURRENTIEL

Au 1/07/07, vous aurez le choix entre :

- le tarif régulé (comme aujourd’hui) où l’Etat fixe les prix (peu de fluctuation car suit en général le coût de la vie),

- faire jouer votre « éligibilité », c’est à dire choisir le marché, faire jouer la concurrence.

Si vous faites jouer votre éligibilité, donc que vous choisissiez de faire jouer la concurrence, vous ne pourrez plus jamais revenir au tarif régulé.

Je dis plus haut de faire surtout attention aux offres « EDF » ou « Gaz de France » car ces 2 entreprises, étant opérateur historique, sont les seules (avec Elec. de Strasbourg et de Grenoble, Usine de Metz) à conserver 2 types de tarifs, le régulé et le concurrentiel. Alors il se peut que vous soyez contactés par EDF ou GDF (surtout GDF) pour vous entendre dire :

- « venez chez nous, on vous fera un contrat unique, vous n’aurez qu’une seule facture, vous aurez des avantages (diagnostiques gratuits d’installation, l’énergie moins chère, une cafetière offerte, …) et dès la signature, votre facture baissera de X %… »

Aujourd’hui, EDF et Gaz de France sont devenues des Sociétés Anonymes, avec des actionnaires à rétribuer. Vous comprendrez donc aisément qu’elles ont intérêt à ce qu’un maximum de leurs clients quittent le tarif régulé.

Programme ou offre alléchants, mais danger, même en choisissant un contrat de type concurrentiel d’EDF ou de GDF, vous faites jouer votre éligibilité, donc, FINI le tarif régulé. Et à titre d’exemple, si pour vous appâter on vous offre un diagnostique de votre installation et qu’on trouve des défauts, vous serez obligés d’y remédier à titre onéreux.

Qu’arrivera-t-il si vous quitter le tarif régulé ?

Un seul exemple, celui de l’hôpital de Besançon.

En 2004, le directeur, envoûté par les sirènes d’ENDESA, quitte EDF et le tarif régulé.

Première année, pas de problème, - 10% sur la facture d’électricité, on se frotte les mains, y-a pas à dire, la concurrence et le marché ç’à a du bon.

2ème année, patatras, + 70% sur la facture ENDESA (comme pour les assurances et tout le reste, il faut lire les petites lignes).

Notre directeur d’hôpital, se disant que l’on ne l’y reprendrait pas de sitôt, demande son retour à EDF.

Mr EDF lui répond : « volontiers Monsieur, nous vous faisons une offre à 10% de moins que ENDESA »

- « Quoi ? mais avant je payais tant !!! »

- « Oui mais cela, c’était le tarif régulé. Et comme vous avez fait jouer votre éligibilité, vous ne pouvez pas revenir au tarif régulé ! »

- donc, résultat des courses, + 50% en 2 ans.

Pour la petite histoire, qui a subi les conséquences de la décision du directeur ?

- les usagers car on a du fermer des lits,

- le personnel soignant car on a du supprimer des postes suite à l’augmentation des dépenses budgétaires que l’opération a entraîné.


ALORS CONSIGNE POUR CERTAIN(E)S D’ENTRE VOUS QUE JE CONNAIS PARTICULIEREMENT :

- Si on vous appelle d’EDF ou de Gaz de France pour vous faire une offre commerciale, c’est NIET. « MOI, JE RESTE AU TARIF REGULÉ » que vous répondez.

- Si c’est les autres, je n’ose pas vous dire ce que vous leur répondez.

Surtout, pas de signature et même pas d’engagement oral. Et régulièrement vous contrôlez vos factures car je ne vous dis pas les arnaques qu’il y a eu pour les professionnels.

2) LA NOTION DE POINT DE LIVRAISON

ATTENTION, jusqu’à aujourd’hui, un abonnement à l’électricité et au gaz était contracté par une personne physique ou morale. Demain, c’est à dire le 1er juillet, c’est la notion de point de livraison qui prévaudra.

Ça veut dire quoi ce machin ?

- Après le 1er juillet, vous décidez d’acheter une maison ou un appartement. Si le vendeur était resté à EDF et/ou GDF régulé, pas de problème. Par contre, si votre vendeur avait fait jouer son éligibilité, donc qu’il a quitté EDF et/ou GDF tarif régulé, vous ne pouvez pas prétendre au tarif régulé, car c’est la notion de point de livraison qui est prise en compte.

- Plus grave, idem pour le locatif. C’est à dire que si vous déménagez et que vous êtes en locatif (OPAC, privé…), vérifiez bien où votre prédécesseur dans le logement se fournissait car là aussi, si un locataire décide de quitter le tarif régulé, c’est le logement qui quitte définitivement ce tarif (attention encore, s’il vous dit qu’il était à EDF et/ou GDF, cela ne dit pas à quel tarif il était).

- Cela vaut pour le bailleur de logement qui risque d’avoir des difficultés ultérieures à louer ses logement qui ne seront plus au tarif régulé (d’autant plus qu’actuellement la loi sur la concurrence libre et non faussée lui interdit d’imposer à un de ses locataires de se fournir ici plutôt que là).

BONJOUR LES RECHERCHES ET DEBOIRES.


3) LE 1er JUILLET 2010

ET ENFIN POUR TERMINER, LE COUP DE CHAPEAU.

A compter de cette date, que vous accédiez à la propriété ou que vous changiez de résidence en locatif, vous n’aurez plus droit au tarif régulé.

Alors si vous avez prévu de faire construire ou d’accéder à la propriété, faites le avant cette date.

4) LES COUPURES POUR IMPAYES

Que vous choisissiez n’importe quel fournisseur et n’importe quel tarif, c’est une nouvelle entreprise, filiale commune à EDF et Gaz de France, qui s’appelle depuis 2004, EDF-Gaz de France Distribution, EGD en abrégé interne, qui est en charge de :

- la construction du réseau et du branchement pour vous raccorder,

- l’entretien et le renforcement de ce même réseau,

- le dépannage aussi bien électrique que gaz,

- le relevé des consommations, facturé au fournisseur,

- et toutes les interventions annexes telles qu’augmentation de puissance sur les disjoncteurs, coupures pour impayés, facturés au fournisseur.

Et là, de par ma position professionnelle, j’assiste à des trucs pas piqués des hannetons. Je vous prie de me croire que certains fournisseurs n’y vont pas avec le dos de la cuillère envers leurs clients mauvais payeurs.

5) EN GUISE DE CONCLUSION

Vous pouvez le constater, c’est un « beau » service public de l’énergie que nous ont concocté Bruxelles, le Gouvernement et la majorité de l’Assemblée et du Sénat sortants. Et encore, grâce à l’action des agents d’EDF-GDF et d’un petit nombre de parlementaires, vous avez évité le pire.

Mais il est peut-être à venir car rien n’est acquis définitivement. Il n’y a pas non plus à se résigner à cette casse, il y aura du grain à moudre avec le mécontentement qui va naître.

Petite anecdote : en 2006, devant le tollé soulevé auprès des industriels et professionnels, mais aussi des communes qui elles aussi sont dans ce cas, par l’augmentation de près de 70% du prix de l’électricité dérégulée et à l’injonction du MEDEF et de la CGPME, le Gouvernement Villepin a mis en place un truc dégueulasse. C’est à dire que pendant 2 ans, EDF rembourse, aux fournisseurs indélicats, 30% des 70% d’augmentation qu’ont subi ces patrons. En clair, cela signifie que vous, petits usagers, payez par l’intermédiaire de votre facture EDF, à des sociétés comme POWEO, Suez et autres, la différence entre les rabais qu’elles consentent à leurs gros clients pour ne pas les perdre.

Ce n'est qu'un début...

Là-bas hebdo no 22


Entre le 18 juin 2006 et le 8 juillet 2006, vous avez été plus de 200 000 à signer la pétition « Sauvons là-bas », soit 10 000 par jour pendant 20 jours. Un record inégalé. A ces Auditeurs Modestes et Géniaux nous adressons chaque semaine (ou presque) un rappel du programme de la semaine à (ré)écouter, ainsi que quelques nouvelles du front.


« Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes. »
Rosa Luxembourg


Chers amis,
Chers AMG,
Là-bas c’est reparti,
mais quel leurre est-il ?

Même sur la plus perdue des îles du Pacifique, même au fond d’un bunker à 100 mètres sous terre, il était là. Dans le coffre de la voiture, dans le placard, il était là, sous le lit, dans le lit. Le matin sous les tartines, il était là. Nous avons tous passé l’été avec lui. Chaque jour, chaque nuit, chaque seconde. Et ça continue.
Et nous les Français ça nous plaît.
Et les médias français aussi, ça leur plaît.
Son bourrelet effacé par Paris Match, l’angine blanche de Cécilia, la visite à notre ami Bongo comme à notre ami Bush, on en redemande, la centrale nucléaire à notre ami Kadhafi, le frère de Rachida sévèrement condamné, DSK qui serait G., l’amant de Yasmina, on en veut encore. C’est ce que nous disent les médias, ça nous plaît.
Les médias se régalent. Chaque jour, il leur fournit tout chaud le nouvel épisode qui accroche l’audience. Du croustillant, du compassionnel, de l’ emphatique. Faut que ça mousse. Chaque jour Zorro, Kennedy, Malraux et Michel Sardou à lui tout seul. L’Italie nous envie : même Berlusconi ne faisait pas aussi fort. C’est l’unanimité, de l’Express à Charlie hebdo, de Jean-Marie Le Pen à Michel Rocard, la France est derrière lui.
Oh, bien sûr il y a des revers, et même d’énormes revers. Il y aussi des choses énormes…

… à faire avaler au bon peuple. Mais dans ce cas on connaît la recette, vous prenez un fait-divers et vous le gonflez au maximum, qu’il prenne toute la place. Le fait-divers fait diversion. Les médias vous font ça très bien. En France jamais les médias n’ont été aussi agenouillés qu’aujourd’hui. Les journalistes, ça les écoeure, bien sûr et ça commence à fermenter dans ce petit monde. L’enquête annuelle Sofres publiée par La Croix en février 2007, ne donnait pas de quoi pavoiser. Croyez-vous que les journalistes sont indépendants, c’est-à-dire qu’ils résistent aux pressions des partis politiques et du pouvoir ? Réponse, NON à 63%. Qu’ils résistent aux pressions de l’argent ? NON à 60% !
Mais que voulez-vous, il y a la trouille de perdre sa place, ou de se retrouver dans un placard. Et il y aussi les contraintes d’audience. Un bon pédophile vous fait dix jours alors que la perte de recette fiscale de 13 milliards que coûte le bouclier fiscal ça intéresse qui au juste ? Oui, dix jours , il nous a fait, Francis Evrard le pédophile. La récidive, le Viagra et « la castration chimique » ! « Ce traitement hormonal appelez-le castration chimique, les mots ne me font pas peur » Alors là, bravo l’artiste ! Ah, bien sûr les conseillers en COM’ sont excellents, rien n’arrête les « spin doctors » de l’Elysée et les sondeurs n’arrêtent pas de sonder, mais sans un tel artiste, ça ne marcherait pas aussi bien. Voyez ce brave François Hollande, avec sa nouvelle compagne, à peine 15 000 euros d’indemnité et tout juste une petite journée de ragots. Alors qu’avec notre agité de l’Elysée plus c’est gros et plus ça marche. Il lance quelques notes et l’orchestre des médias reprend en chœur. Il n’a qu’à siffloter le début. Non pas qu’il domine les médias, attention. Ce n’est qu’un échange de bons procédés. L’oligarchie médiatique ne fait que défendre ses intérêts qui sont mêlés à ceux de l’oligarchie économique qui sont mêlés à ceux de l’oligarchie politique. Chacune des oligarchies à la fois se sert et sert les deux autres. Appelez ça connivence, les mots ne me font pas peur.
Et lui n’est qu’un leurre dans cette histoire.
Et nous les dindons.
Des dindons béats, les sondages le disent, c’est donc vrai, voilà la réalité. Karl Rowe, l’éminent conseiller de George W Bush, le disait sans complexe, « Nous sommes un empire, désormais nous créons notre propre réalité » (*)
Mais ce n’est pas tous les Français, évidemment. Il y a les effaceurs de bourrelet, mais il y a aussi des râleurs qui dénoncent la peopolisation, la personnalisation, « le coup d’éclat permanent », « le tout à l’ego ». Pour l’instant c’est la lèche, mais ça ne durera pas disent ces mauvais perdants en guettant le premier faux pas du petit trapéziste. Ils se répètent la formule qui dit bien les revirements du peuple ingrat, « Je lèche, je lâche, je lynche ». Mais laissons ces Tartuffes, eux aussi profitent de l’aubaine, la contestation se vend bien, et c’est tant mieux. En mal, en bien, c’est encore de lui dont on parle et c’est ça qui compte. L’U.B.M. L’Unité de Bruit Médiatique. Voilà l’unité de mesure de cette gouvernance. Et sur cette échelle-là, il atteint des sommets. Un tintamarre qui écrase toutes les autres voix. Boute en train ! trompe couillon ! Embobineur ! Vous pouvez vous égosiller, personne ne vous entend. Revenez dans quelques mois, ou quelques semaines…Mais soyez attentifs. Ne comptez pas trop sur les grands médias pour vous prévenir quand le vent tournera.
Car si la plupart des médias roulent pour lui, lui aussi roule pour la plupart des médias. Prenons un exemple au hasard, France Inter. Doit-il remercier France inter ? En tout cas France Inter peut le remercier. Grâce aux élections, l’audience a remonté. Et l’audience pour nous c’est sacré. Littéralement sacré. Or selon les sondages publiés en juillet pour la période, avril juin 2007, France inter a enrayé son déclin, avec 10 points d’audience. Sans retrouver son audience d’avant 2004 (10.6) ni tous les auditeurs envolés lors de la campagne pour le référendum de mai 2005. Les récentes élections ont permis de retrouver de l’audience, dans les tranches d’information, notamment la tranche du matin. Mais aussi grâce à « Là-bas » !
Malgré la marginalisation de l’émission à 15 heures, Là-bas a doublé l’audience de cette tranche passant de 150 000 à 300 000 auditeurs en un an. Une performance pour cette tranche ingrate ! Pour autant, la relégation de l’émission a fait perdre 200 000 auditeurs par rapport à l’audience qu’avait « Là-bas » à 17 heures soit 500 000 auditeurs.
Mais, vous vous en souvenez, bien sûr, la direction n’avait absolument pas la volonté d’étouffer « Là-bas », quelle idée, une si formidable émission, un tel monument, pensez-vous, non, il s’agissait simplement de programmer une autre émission qui ferait beaucoup plus d’écoute dans l’intérêt de notre belle radio. Il s’agissait d’un « talk show culturel » conçu par le nouveau directeur lui-même, « un mélange de Bouvard et du Masque et la Plume ». L’animation en fut confiée à Frédéric Bonnaud qui constitua son équipe.
Mais hélas, le résultat ne fut pas à la hauteur des ambitions directoriales. En moins de 6 mois, 250 000 auditeurs quittèrent cette tranche horaire qualifiée de « moment noir de la journée » par la direction de Radio France elle-même ! Une claque. Et qui paya ? Bonnaud pardi ! Viré ! Après six années, viré non seulement de France Inter mais de tout Radio France ! Une mesure ubuesque qui entraîna une journée de grève à la fin juin.

C’est ainsi chaque année avant l’été, le Prince fait tomber quelques têtes dans la sciure médiatique, au gré de son humeur ou de ses intérêts à la Cour. De fortes têtes de préférence, des têtes d’hérétiques ou de récalcitrants. À l’évidence il s’agit de faire un exemple pour maintenir la docilité des troupes. « Si celui-là est viré, pourquoi pas moi demain? ». Quand les têtes rentrent dans les épaules, la fabrique de l’opinion peut fonctionner sans encombre, plus lisse, plus conforme, plus neutre et donc plus neutralisante.
Chaque année bien sûr, les victimes se débattent. Avocat, pétition, campagne de presse, menace de grève. Beaucoup plus de bruit que n’en font les ouvrières d’une usine du Pas-de-Calais quand tombe le plan social, c’est vrai. Certes, le licenciement de Frédéric Bonnaud n’est pas un pire drame humain que celui de Marie-Hélène Bourlard, de LVMH (voir nos émissions de mai 2007). Mais la soumission et la normalisation des médias, c’est la réduction des têtes. Et donc des possibles. Cette ligne de front est essentielle.
Mais ça vous l’avez bien compris chers AMG, puisque vous faites partie des 200 000 auditeurs qui ont signé la pétition lancée en juin 2006 contre la disparition de Là-bas . Et vous êtes toujours là. De toutes parts après le deuxième tour, des messages nous sont parvenus. Beaucoup nous voyaient déjà correspondants permanents aux îles Kerguelen ou cireurs de souliers à Davos. Mais non, n’ayez pas peur, vous êtes victimes de la désinformation soixantehuitarde, ayez confiance ! Notre nouveau président est là pour nous soutenir, il l’a dit et vous le savez, il n’a qu’une parole « Il y a une tradition qui est celle de la caricature et de la critique. Je ne suis pas prêt à transiger avec cette tradition (…) Je tiens à apporter clairement mon soutien à qui, à sa façon, exprime une vieille tradition française : celle de la satire, de la dérision et de l’insubordination ».(**)

L’insubordination, en voilà une belle feuille de route pour cette nouvelle saison !

En route donc. Toute l’équipe est remontée à bloc. Tchimbé raide pas moli ! Votre soutien, vos critiques y sont pour beaucoup. Tout l’été, vous vous êtes baladé dans les archives de Là-bas. Plus de mille émissions archivées par Franck, le créateur et le webmaster de ce site, rappelons-le. Les malins se font des CD à écouter sur la route. La situation idéale pour déguster quelques numéros de Là-bas. Pour ceux qui débarquent ou qui veulent s’y remettre, rappelons quelques bons numéros dans la dernière saison : Le musée du Quai Branly, le retour en Afghanistan, la série Chine et aussi la série « Les années 80 » qui demande une écoute plus attentive. Sans oublier le Conseil des actionnaires de LVMH, (un délice) et bien sûr « La manif de droite », sans doute la meilleure écoute de la dernière saison.

Et aussi « Chomsky et compagnie » C’est l’événement ! Pour la première fois un reportage de Là-bas devient un film. Il est en plein montage. La souscription marche très bien. Vous êtes formidable, mais continuez. Faire avancer la pendule de l’histoire pour 15 euros, c’est donné.

Et comme dit Sally Mara « tiens bon la rampe ! »

Là-bas, le 3 Septembre 2007


* Cité par Robert Fisk. The Independant. 27.08.07.
** Lettre de Nicolas Sarkozy lu par Me Kiejman lors du procès des caricatures (7 Février 2007)

lundi 3 septembre 2007

De l'Origine des opinions

Marianne

Blog 041a

Septembre 2007

De l’origine des opinions.

Notre société est constituée de citoyens ( tout du moins je l’espère ) qui devraient avoir la capacité d’avoir leur point de vue personnel sur les sujets concernant notre vie en commun.

Mais d’où proviennent les opinions que chacun peut avoir sur ces sujets qu’ils soient d’ordre politique, religieux ou tout simplement relationnel ?

Loin de moi l’idée qu’il y ait des citoyens, et là le mot est lourd de sens, standard ayant les mêmes points de vue sur tout car nous serions là dans une société bloquée dont on ne pourrait espérer aucune évolution ni aucun progrès.

La condition de citoyen implique une adhésion sans réserve à une société dans laquelle tout le monde a les mêmes droits et les mêmes devoirs…Et là commence mon interrogation.

En effet, dans une société « démocratique » et spécialement libérale nous avons actuellement, selon nos origines familiales et nos facultés intellectuelles, des possibilités d’accès, d’abord aux établissements scolaires primaires puis secondaires et universitaires, d’où il découle ensuite une position sociale.

Il est bien évident qu’une personne ayant fréquenté l’Université n’a pas le même mode de penser que celle qui, issue d’une famille d’ouvriers, voire d’immigrés et n’ayant qu’un cursus scolaire limité, à part quelques exceptions que certains citent en exemple pour justifier leur politique.

Cet état de fait créé, selon les origines, une « hiérarchie » dans les possibilités de progression professionnelle, donc sociale quasi « dynastique » pour certains…

D’autre part, les milieux fréquentés sont aussi fonction du niveau d’Instruction, je n’ai pas dit de Culture, sont là aussi pour entretenir une différenciation sociale. Par exemple il est rare de voir des personnes de condition modeste à l’Opéra ou au Festival de Cannes sans parler des musées et des bibliothèques…

Je viens d’écrire quelque chose qui me parait important car, en effet, cette situation d’inégalité devant les moyens d’accès à des évènements et des activités culturels entretient une situation discriminante dont il devient impossible de sortir et dont résulte des opinions de caractère politique voire religieux différentes et cela en ne retenant que les exemples cités

J’ai volontairement fait le distinguo entre Instruction et Culture car, à mes yeux, ce sont 2 choses totalement différentes car l’Instruction s’acquière dans des établissements spécialisés publics ou privés et la Culture est le fruit d’un travail de réflexion personnel indépendant de l’acquisition de données de base sous la conduite de Professeurs.

Je fais aussi une différence entre l’Instruction et l’Education qui diffèrent, à mon sens, par le rapport avec les autres. On peut être instruit et ne pas avoir d’Education bien que, normalement, nous ayons un Ministère de l’Education et non de l’Instruction. Mais là nous touchons un point important et sensible qui mériterait un développement particulier qui n’est pas notre sujet d’aujourd’hui…

Pour revenir à la relation qui existe entre la Culture et les Opinions il ne fait aucun doute que le niveau social d’une part et le niveau culturel d’autre part sont déterminants. Mais en y regardant de plus près les 2 points évoqués ne sont-ils pas liés l’un à l’autre ?

Que propose t’on comme sujets culturels à l’ensemble de nos concitoyens par le biais des média tant journalistiques qu’audiovisuels sinon majoritairement ce qu’on appelle des sujets « people » c'est-à-dire les mariages et remariages de telle ou telle vedette du « Showbiz » ou de la « High life » sans parler de ceux de nos hommes politiques ainsi que des matchs de football, le Tour de France, etc.?

De plus, dès l’enfance on est conditionné par les jeux vidéo qui sous-tendent un esprit de compétition lucrative et de violence guerrière sans parler des lotos divers et variés pour les plus grands…Et il est évident que ce qui est acquis à cet âge conforme l’adulte de demain dans un sens pas très culturel…

Comment peut se former une opinion personnelle dans ces conditions ambiantes créées pour faire des « bénis oui-oui » de tout ce qu’on leur propose et fait miroiter ?

D’autre part, le milieu familial est également un élément important qui détermine les opinions des enfants et il est rare des voir des fils ou filles qui n’ont pas les mêmes opinions politiques ou religieuses que leurs parents surtout que, dans la plupart des cas, ils appartiennent à la même classe sociale et ont suivi les mêmes cursus scolaires… Néanmoins, et c’est le cas depuis peu, des hommes politiques au discours bien travaillé arrivent à renverser des habitudes et attitudes politiques au sein des familles et il n’est pas rare de voir des électeurs voter aujourd’hui à l’inverse de ce qu’ils faisaient auparavant.

Cela confirme à mon sens le peu de profondeur des convictions de nos concitoyens et leur inculture politique ce qui est regrettable quand on pense que la Démocratie est un des meilleurs systèmes politiques car il est, ou devrait être, totalement la représentation d’un peuple lucide, responsable et cultivé…

A ce point de ma réflexion je ne peux pas passer sous silence le propos de Goebbels, Ministre de la propagande d’Hitler : « Quand j’entends le mot « Kultur » je sors mon révolver ».

Dans un autre ordre d’idées l’âge est également un élément qui détermine les opinions et cela est du, à mon sens, à au moins 2 paramètres :

- le dynamisme et l’absence de repère sur les problèmes de la vie en société en ce qui concerne les jeunes,

- l’expérience personnelle de la vie et la situation acquise au cours de nombreuses années pour les personnes âgées.

Mais il faut reconnaitre et admettre que cet état de fait est très positif pour une évolution de la société sous réserve toutefois qu’il n’y ait pas de conflit de générations ni d’obstruction systématique de la part des plus anciens qui détiennent un pouvoir…
En effet, les plus jeunes ont souvent des idées nouvelles à proposer et des connaissances théoriques toute fraiches n’ayant pas encore été expérimentées mais qui doivent quand même être confrontées à la réalité du passé…Là encore la méthode « hégélienne » : thèse-antithèse-synthèse devrait être à la base de toute réflexion et action…

En guise de conclusion je dirai qu’une société réellement Démocratique dans laquelle les humains sont appelés à vivre doit tenir compte de la personnalité de chacun. Cependant il ne faut pas que cette personnalité soit altérée par des conditionnements divers et variés dès l’enfance que ceux-ci soit d’ordre religieux, politique ou familial.
L’école laïque au sens général c'est-à-dire comprenant la maternelle, le primaire, le secondaire, etc. jusqu’à l’Université doit être le « creuset » de la citoyenneté et doit permettre l’épanouissement intellectuel et culturel de
l’individu responsable.

Rlz

samedi 1 septembre 2007

Un peu de poêsie

Blog 042

Septembre 2007

Le Legs

Et voici, Père Hugo, ton nom est sur les murailles !

Tu peux te retourner au fond du Panthéon

Pour savoir qui a fait cela. Qui l’a fait ? On !

On c’est Hitler, on c’est Goebbels…C’est la racaille.

Un Laval, un Pétain, un Bonnard, un Brinon,

Ceux qui savent trahir et ceux qui font ripaille,

Ceux qui sont destinés aux justes représailles

Et cela ne fait pas un grand nombre de noms.

Ces gens de peu d’esprit et de faible culture

Ont besoin d’alibis dans leur sale aventure.

Ils ont dit : « Le bonhomme est mort. Il est dompté.»

Oui, le bonhomme est mort. Mais par devant notaire

Il a bien précisé quel legs il voulait faire :

Le notaire a nom : France, et le legs : Liberté.

Robert Desnos