Auguste Comte
Fondateur de la doctrine positiviste, Auguste Comte voulut créer une
nouvelle religion, une religion de l'humanité. Il invente le mot "sociologie"
et l'on peut donc considérer qu'il est le premier à avoir mis dans les sciences
une science humaine.
D'abord disciple de Saint-Simon dont il récusera par la suite les concepts, il subit l'influence
indirecte d'Aristote, de Descartes et surtout de Condorcet.
Auguste Comte est né à Montpellier en 1798, dans une famille de petite bourgeoisie
catholique. Après de brillantes études, il est reçu en 1814 quatrième à l'école Polytechnique (il
a alors 16 ans). Il suit des cours de médecine à la faculté de Montpellier, lorsque la monarchie
ferme l'école, devenue un foyer d'agitation républicaine. Il retourne à Paris et étudie Monge,
Condorcet, Montesquieu et Laplace. De 1817 à 1824, il est le secrétaire de Saint-Simon et
collabore à l'équipe de l'Industriel. A cette époque, il rédige des essais politiques, ainsi que des
Plans de travaux scientifiques nécessaires à la réorganisation de la société. C'est à propos de
cette réorganisation qu'il se brouille avec Saint-Simon. Il donne alors des leçons de
mathématiques pour vivre. En 1826, il commence, à titre privé, un cours de philosophie
positive. Humboldt, H. Carnot, Blainville (physiologiste), Poinsot (mathématicien), puis plus
tard Fourier et Esquirol (médecin) seront ses élèves. Six tomes seront publiés entre 1830 et
1842. Nommé en 1832 répétiteur à l'Ecole polytechnique, il publie en 1844, le Discours sur
l'Esprit positif. Ses convictions républicaines l'empêchent d'obtenir la chaire de géométrie et
lui font perdre son emploi en 1852 (il vivra alors des subsides de ses disciples). En octobre
1844, se produit l'évènement capital de sa vie : il rencontre Clotilde de Vaux. La mort de
Clotilde, en 1846, bouleverse Comte. Il voue un culte à Clotilde, devenue la patronne du
positivisme. C'est à cette époque que commence sa "seconde carrière". Le Cours s'adressait à
l'intelligence et visait une réorganisation mentale de l'humanité. Désormais Comte s'attache à
la réorganisation "morale".
Sa philosophie évolue vers une "religion de l'humanité" à laquelle il se consacrera jusqu'à sa
mort. C'est le but que vise le Système de philosophie positive ou traité de sociologie instituant la
religion de l'humanité. Devenue essentiellement religieuse, la doctrine comtienne est exposée
dans le Catéchisme positiviste (1852) et
conceptions propres à l'état normal de la société, ouvrage que la mort de l'auteur, le 5
septembre 1857, laisse inachevé.
Apport conceptuel.
Auguste Comte est le fondateur du positivisme. Cette philosophie privilégie la connaissance
scientifique au détriment de la métaphysique. Selon Auguste Comte, la science est le seul type
de pensée actuellement efficace. L'esprit humain doit renoncer à la métaphysique car il ne
saurait atteindre le fond des choses. Seules les lois de la nature sont connaissables. A la
afin de pourvoir ". La science triomphera de l'Église de façon inévitable, par le progrès de
l'esprit positif. Selon la célèbre loi des trois états, l'esprit humain passe par trois états
successifs qui constituent les trois étapes de l'espèce humaines (mais aussi de chaque individu)
vers le stade positif :
intime des êtres, les causes premières et finales. Bref, il cherche des connaissances
absolues. Il se représente les phénomènes comme produits par l'action directe et continue
d'agents surnaturels plus ou moins nombreux dont l'intervention arbitraire explique les
anomalies apparentes de l'univers. On expliquera par exemple ces anomalies par l'action
de Zeus ou de Poséidon.
• L'état métaphysique ou abstrait. Les agents surnaturels sont remplacés par des forces
abstraites ou des entités, par exemple l'hypothèse de l'âme en psychologie.
• L'état scientifique ou positif. L'esprit humain comprend qu'on ne peut comprendre ni
l'origine, ni la destination de l'univers. Il renonce à la question du " pourquoi ? " et
recherche par l'usage unique du raisonnement et de l'observation les lois effectives de la
nature " c'est à dire leurs relations véritables de succession et de similitude "
Cette loi des trois états est la loi générale du développement de la pensée. Auguste Comte
procède aussi à une classification des sciences. Les sciences accédant à l'état positif les unes
après les autres, on peut selon leur degré d'avancement procéder à leur classification. On
aura dans l'ordre : les mathématiques, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie et
enfin la sociologie. L'ordre va des sciences dont l'objet est le plus général à celles dont il est le
moins général, du plus simple au plus complexe, du plus abstrait au plus vivant pour se
rapprocher de l'homme. Si la sociologie est la dernière née, elle est pourtant la plus
importante. A l'âge de la science doit en effet correspondre une politique fondée sur une
organisation rationnelle de la société. Enfin, Comte préconise une religion de l'humanité.
Cette religion est une religion sans Dieu. L'homme doit adorer l'humanité elle-même c'est à
dire l'ensemble " des êtres passés, futurs et présents qui concourent librement à perfectionner
l'ordre universel ". Les grands hommes ont une immortalité subjective. Elle consiste à être
honoré après sa mort et éventuellement à être l'objet d'un culte.
Le nom des grands hommes sera inscrit au calendrier positiviste. " L'humanité se compose de
plus de morts que de vivants. ". Comte annonçait la paix et l'harmonie parfaite pour le XX°
siècle, grâce à l'avènement de la religion positiviste.
Les principales oeuvres.
Les oeuvres les plus importantes d'Auguste Comte sont :
• Le Discours sur l'esprit positif (1844)
• Le Système de politique positive (1851-1854)
• Le Catéchisme positiviste (1852)
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