lundi 10 septembre 2007

Le Temps



Blog 038 a

Août 2007

Le Temps.

Avant-propos :

Que mes lecteurs se rassurent je ne vais pas leur parler du temps météorologique particulièrement désastreux en France cette année et qui a gâché les vacances estivales de nombreuses familles.

J’ai l’intention d’évoquer le temps chronologique sous différents aspects en ayant conscience toutefois qu’il s’agisse d’un sujet difficile auquel de nombreux savants et philosophes se sont intéressés depuis l’antiquité l’ayant même intégré à leurs mythologies et cela sous toutes les latitudes.

Les Grecs anciens avaient pour divinité primordiale du temps Chronos ( ou Cronos) issue des traditions orphiques. Chez les Romains il correspondait à Saturne et ses attributs étaient la faux et le sablier.

En fait, je vais me laisser aller à diverses réflexions et surtout récapituler tout ce qui me paraitra utile d’évoquer sur ce sujet sans prétention didactique…
De plus, je vais essayer de prendre le temps nécessaire pour murir mon propos…


Ma première interrogation portera sur le fait que depuis que je me suis mis devant mon ordinateur pour écrire sur le sujet il s’est déjà écoulé un certain temps et il en est de même pour tout ce que nous faisons et ferons par la suite : le temps est inexorable et incontournable à priori. Pourquoi ? Certains vous diront que Dieu l’a décidé ainsi et qu’il n’y a pas à se poser de questions à ce propos : réponse facile mais invérifiable…

D’autres vous diront que le temps a commencé à courir à partir du « Big Bang » phase initiale de tout ce qui existe et existera jusqu’à ce que l’univers subisse une nouvelle « mutation » : contraction ou expansion des constellations et dans ce cas que sera le temps ? Moi, je ne sais pas et je ne saurai surement jamais pour la raison évidente que nos facultés intellectuelles et même notre imagination sont dans l’incapacité de concevoir un monde qui s’inscrive dans un domaine à plus des 3 dimensions physiques dont nous sommes faits et dans lequel nous vivons.

Bien sûr Einstein a trouvé par le biais des mathématiques la possibilité d’une 4 ème dimension qu’on s’est empressé d’affecter au temps, mais rien n’a prouvé matériellement cette théorie à la date d’aujourd’hui bien qu’on ait imaginé une courbure de « l’espace / temps » qui satisfait certains scientifiques…

Et puis tous les êtres vivants dont les végétaux (et les minéraux) ont un commencement et une fin déterminés par le temps : ils naissent, grandissent, murissent, éventuellement se reproduisent et meurt, sans forcément en avoir conscience : tout ce qui est biologique est dépendant du temps, d’ailleurs les médecins savent très bien que, par exemple, le temps de cicatrisation d’une plaie a été mis en équation par Alexis Carrel en prenant en compte l’âge physiologique du patient…Ne parle t’on pas aussi de « l’usure du temps » ? Une des particularités du temps, tout du moins vue par l’homme, est son irréversibilité : on se souvient de son passé, on vit le présent mais on ne connait pas son futur et encore quand j’écris « présent » c’est déjà du passé…

Je parle là de l’homme en tant qu’entité mais je ne parle pas de la société dans laquelle il vit et qui, elle, est organisée et dirigée selon des intérêts présents et futurs qui n’ont rien à voir avec la nature…

A ce propos on peut faire remarquer que pour les banquiers le temps travaille avec l’argent des clients et que l’expression citée ci-dessus « l’usure du temps » est tout à fait applicable à ce cas et l’on peut se demander ironiquement qui a créé cette expression…

Et puis on peut se poser la question de savoir si le temps, ou tout du moins la façon dont on le ressent, est absolu ou relatif selon ce qu’on en fait. En effet, si l’on effectue une tache pénible on a hâte d’en finir alors que lorsque l’on est en vacances dans un cadre agréable on voudrait que le temps cesse de s’écouler il en est de même au plan sentimental dans le cas d’un amour profond par exemple…

L’homme a toujours été préoccupé par cette notion de temps et il a, très tôt dans l’histoire, cherché à le mesurer d’abord avec des moyens rudimentaires dont le gnomon sorte de perche plantée dans le sol et dont on observe la position de l’ombre au sol et la clepsydre à écoulement d’eau des Egyptiens, le sablier, puis plus tard à l’aide de mouvements mécaniques ( pendules à balancier) et de nos jours avec des montres à quartz vibrant sans parler des étalons atomiques…

Indépendamment de la mesure du temps à court terme effectué par les divers systèmes horlogers les calendriers et autres éphémérides donnent des informations temporelles sur le plus long terme et l’histoire religieuse ou non foisonne de documents chargés de se situer dans le temps selon des critères arbitraires tenant compte de la position des astres et des planètes et cela depuis l’antiquité. Les Chinois avaient leur calendrier, les Aztèques avaient le leur et les Chrétiens en ont eu plusieurs variantes ( julien, grégorien ) selon les Papes qui les avaient promus. Aucun de ces calendriers ne donne le temps avec une précision absolue c’est la raison pour laquelle il y a des années bissextiles mais malgré cela des rattrapages à plus long terme sont quand même nécessaires…

Il est bien évident que les scientifiques ( astronomes, astrophysiciens, navigateurs, etc.) ont besoin d’outils plus performants leur donnant des informations d’une grande précision pour effectuer des calculs fiables et l’on imagine sans peine ce que serait l’envoi dans l’espace d’engins devant atteindre une planète après un parcours de plusieurs années sans ces bases de temps dont la précision et la fidélité s’expriment dans des ordres de grandeur d’au moins 100…

Dans un autre ordre d’idées la datation de certains évènements de nature humaine ou géologique fait appel aux particularités des éléments radioactifs dont la durée de vie est connue et en particulier le carbone 14. On connait parfaitement la durée de vie de ces éléments et la réduction de leur masse est une fonction mathématique du temps.

Dans les sciences physiques et dans la technique on utilise des unités de mesure dont il existe plusieurs systèmes selon les applications mais dans tous les systèmes en usage ( MKSA, MTS,
MKpS, CGS ) est présente l’unité de temps qui est toujours la seconde…A ce propos il faut rappeler que la seconde et le mètre sont parfaitement définis officiellement aujourd’hui à partir des radiations de l’atome de césium 133.

L’histoire de l’humanité a été ponctuée au fil des siècles par de grands évènements et d’autres de moins d’importance mais une inévitable continuité a fait que les sociétés ont évolué vers plus de liberté et de confort matériel mais malheureusement aussi vers des conflits de plus en plus meurtriers on ne peut donc pas tirer de conclusions définitives sur une relation de cause à effet par rapport au temps qui s’est écoulé, tout dépend des critères retenus pour évaluer les progrès.

Quoi qu’il en soit, comme dit plus haut, le temps est, par définition, irréversible et l’instant actuel est la résultante de toute une histoire avec ses hauts et ses bas…Et qui souhaiterait revenir quelques siècles en arrière même si aujourd’hui des intérêts économiques, financiers et politiques font que des acquis sociaux sont remis en cause par certains qui proposent une nouvelle société qui ne va pas dans le sens de l’histoire et considèrent, sans le dire, que le temps est réversible ?…

Pour terminer ce petit texte quelque peu général je soumettrai à mes lecteurs les quatre citations ci-dessous :

- « Je suis moi-même le temps » de Merleau-Ponty,

- « Tu ne vois pas le monde tel qu’il est tu le vois tel que tu es » du Talmud,

- «Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame. Le temps, non, mais nous nous en allons. » de Ronsard,

- « Le temps n’est pas quelque chose qui existe en soi. » de Kant.

Rlz

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