vendredi 26 septembre 2008

Comment Hitler a-t'il prit le pouvoir ? Blog 116

Adolf Hitler


Blog 116

Septembre 2008

Comment Hitler a-t’il prit le pouvoir ?

Il n’est jamais inutile dans le domaine historique d’examiner à postériori le déroulement des évènements passés surtout quand ceux-ci ont conduit à des situations catastrophiques avec des millions de morts et des destructions de toutes sortes sans même parler des gaspillages économiques, ne serait-ce que pour éviter le retour d’une telle situation ...

1) La guerre de 1914 / 1918 perdue par l’Allemagne Impériale a laissé au plan psychologique des blessures des plus profondes tant chez les vainqueurs que chez les vaincus.

Néanmoins, les Allemands dont l’économie était exsangue traversèrent une période de troubles politiques sur laquelle nous n’allons pas nous étendre ( République de Weimar entre autre ) malgré la rancœur engendrée et l’impact économique et social dont une inflation d’une amplitude jamais vue jusqu’alors...

De plus, le retour de l’Alsace et de la Moselle à la France, l’occupation de la Sarre et de la Ruhr par les alliés ainsi que la perte de leurs colonies traumatisèrent durant quelques années fortement les Allemands les plus nationalistes qui n’espéraient qu’une revanche dont les alliés n’apprécièrent pas l’importance...

Suite à tous les troubles internes et devant une situation des plus explosives due à une certaine vacance du pouvoir réel le vieux Maréchal Hindenburg ( Président de la nouvelle République ) soumis à des pressions de toutes parts ne fut pas en mesure de rétablir un minimum d’ordre d’autant plus que la révolution soviétique de 1917 avait inspiré beaucoup d’espoir parmi la classe ouvrière allemande animée par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, du mouvement spartakiste, arrêtés et assassinés en 1919.

C’est alors qu’Adolf Hitler, artiste peintre raté né en Autriche, juge que le désordre régnant lui offre une opportunité pour créer son propre parti avec les déçus de 1919

( Traité de Versailles ) dont Goering, ancien héros de l’aviation allemande.

En 1921 Hitler prend la direction du parti « nazi » comme Führer ( Guide ) et créé un corps-franc paramilitaire, les SA ( section d’assaut ) et tente une première fois, à Munich, un putsch dit de La Brasserie qui échoue le 9 novembre 1923 et conduit à son arrestation et sa condamnation à plusieurs mois de forteresse.

A noter que c’est dans cette prison qu’il commença à rédiger son fameux livre « Mein Kampf » ( Mon combat ) et à lire Marx auquel il avoue n’avoir rien compris...

Lors des élections de 1932 le parti d’Adolf Hitler l’emporta sur les sociaux démocrates de la République de Weimar et le Maréchal Hindenburg dû faire appel à lui en 1933 pour former le nouveau gouvernement, ce fut le début d’une dictature de triste mémoire....

Nous allons voir ci-après comment Hitler neutralisa l’aile gauche des SA avec les SS lors de la « Nuit des longs couteaux » le 30 juin 1934 et comment il s’attaqua pour la 1 ère fois aux Juifs lors de « La Nuit de cristal » le 9 novembre 1938. Cette stratégie d’associations de partis et d’organisations ayant initialement les mêmes objectifs fut des plus fructueuses mais ne devait durer que le temps nécessaire à valoriser le Führer comme nous allons le voir par la suite ( lui aussi il « ratissait large » )....

2) « La Nuit des longs couteaux » ( nuit du 30 juin 1934 ) :

Hitler qui avait su rassembler dans son parti National Socialiste ( Nazi ) divers courants nationalistes y compris de gauche se trouva à un moment donné plus ou moins contesté par les dirigeants SA et particulièrement par un de ses compagnons de la 1 ère heure Ernst Röhm qu’il fit assassiner le 30 juin 1934 dans la prison de Munich par les SS de Heydrich et d’Himmler.

Röhm était le chef des 2 500 000 membres des SA qui, entre 1933 et 1934, bien que faisant des actions violentes contre les militants communistes inquiétaient les milieux industriels et capitalistes ainsi que la Reichswehr ( l’armée ) plutôt favorables à Hitler qu’ils finançaient secrètement ainsi que des industriels Américains antis communistes. D’autres dirigeants des SA tels que Kurt Von Schleicher et Gustav Von Kahr ainsi que plusieurs de leurs collaborateurs furent également assassinés et Von Papen

( Diplomate important ) fut menacé et certains de ses proches exécutés...

Le 30 juin 1934 marque le déclin des SA et l’ascension des SS sous la direction d’Heinrich Himmler et le développement de l’appareil policier : la Gestapo de triste mémoire

Quelques semaines plus tard mourait Hindenburg et Hitler ajouta à ses fonctions de Chancelier celles de Président du 3 ème Reich et à ce titre devint chef de la Reichswehr et de ce fait lui donnait le champ libre pour organiser un plébiscite remarquablement bien préparé le 19 août 1934.

Le « oui » obtint 38,4 millions de voix sur 45,5 millions d’électeurs, ce fut le dernier scrutin auquel participèrent les Allemands avant la guerre de 1939 / 1945...

Ces mesures, ainsi que les persécutions des antifascistes, ont contraint dès les 1 ers mois du nouveau régime, de très nombreux savants et intellectuels ( Einstein, Thomas et Heinrich Mann, Bertolt Brecht entre autres ) à prendre le chemin de l’exil.

Cette « Nuit des longs couteaux » fera environ 200 victimes, chefs de la SA et personnalités politiques diverses.

3 ) « La Nuit de Cristal » ( 9 novembre 1938 ) :

La nuit du 9 au 10 novembre 1938 reste l’un des plus tristes moments de l’histoire allemande...

Les « accords de Munich » qui devaient mettre un terme aux exigences du Führer après l’annexion de l’Autriche et l’invasion d’une partie de la Tchécoslovaquie furent en fait un marché de dupes auquel le Français Daladier et l’Anglais Chamberlain se firent prendre.

En effet, aux termes de cet accord Hitler devait cesser ses revendications sur d’autres pays dont la Pologne avec laquelle la France et la Grande Bretagne avaient des accords militaires de longue date.

Mais profitant de la bonne volonté des négociateurs Français et Anglais Hitler se retourna vers ses concitoyens Juifs auxquels il reprochait de comploter et d’accaparer des fonctions qui, selon lui, menaçaient l’unité et la grandeur de la « pure » et aryenne Allemagne...

Mais pour mener une opération de grande envergure contre les Juifs il lui fallut un prétexte, celui-ci dont la véracité n’a pas été prouvée, fut l’assassinat à Paris d’un Diplomate Allemand Ernst Von Rath par un jeune Juif Polonais Hirsch Grynzpan le 7 novembre...

Dès le soir du 9 novembre 1938 Goebbels Ministre de la propagande d’Hitler jeta les militants nazis dans les rues pour un pogrom de très grande ampleur à l’image des pogroms russes du 19 ème siècle.

Les SA, les SS et les jeunesses hitlériennes s’en prennent aux synagogues et aux locaux des organisations israélites ainsi qu’aux biens des particuliers. Les agresseurs sont pour la plupart en tenue de ville pour laisser croire à un mouvement populaire spontané...

Près d’une centaine de personnes sont tuées lors de ce pogrom, une centaine de synagogues sont brulées et 7500 magasins sont pillés. La violence dépasse les bornes à Berlin et Vienne.

Il est à noter que rares sont les Allemands qui tentèrent de secourir leurs concitoyens persécutés...

Les nazis avec un certain cynisme donneront à ces premières violences antisémites le nom de « Nuit de Cristal » en référence aux vitrines et à la vaisselle brisée cette nuit là.

La communauté juive sera taxée d’une énorme amende pour tapage nocturne et

35 000 d’entre eux seront arrêtés et envoyés dans des camps mais ce n’était qu’un début car la « solution finale » n’était pas encore au programme des nazis...

4 ) Conclusion :

S’il est, à priori, difficile et délicat de comparer les divers « Coups d’Etat » qui se sont déroulés tant en France ( Napoléon 1 er, Napoléon III, Pétain ) qu’à l’étranger il faut reconnaitre que la prise du pouvoir par Hitler est un « cas d’école » particulièrement instructif.

En particulier, l’exploitation d’une rancœur due aux clauses du Traité de Versailles de 1919 doublée d’une crise économique et d’un désordre politique intérieur ainsi que le rassemblement sur ces thèmes, dans un 1 er temps, d’un maximum de courants ( SA, SS, sociaux démocrates ), puis l’élimination violente et non simultanée de ces factions et de leurs chefs pour prendre le pouvoir quasi absolu y compris militaire et policier du pays et exterminer tous les opposants ainsi que les nombreux Juifs et tziganes intégrés de longue date est un modèle du genre et ensuite partir à la conquête de l’Europe entière voire de l’Afrique...

Qu’une prise de conscience collective nous protège à l’avenir de ce genre d’aventures dramatiques initiées par des personnages d’une ambition dévorante...

Rlz


dimanche 21 septembre 2008

La Loge Mère Blog 115

Blog 115
Septembre 2008

La Loge mère

Il y avait Rundle, le chef de station,
Beazeley, des voies et travaux,
Ackman, de l’Intendance,
Donkin, de la prison,
Et Blacke, le sergent instructeur,
Qui fut deux fois notre vénérable,
Et aussi le vieux Franjee Eduljee
Qui tenait le magasin « Aux Denrées Européennes ».

Dehors, on se disait : « Sergent, Monsieur, Salut, Salam »,
Dedans, c’était : « Mon frère » et c’était très bien ainsi.
Nous nous rencontrions sur le niveau et nous quittions sur l’Equerre.
Moi, j’étais second diacre dans ma loge-mère, là-bas !

Il y avait encore Bola Nath, le comptable,
Saül, le juif d’Aden,
Din Mohamed, du bureau du cadastre,
Le sieur Chuckerbutty,
Amir Singh, le Sick,
Et Castro, des ateliers de réparation,
Qui était catholique romain.

Nos décors n’étaient pas riches,
Notre temple était vieux et dénudé,
Mais nous connaissions les anciens landmarks
Et les observions scrupuleusement.
Quand on jette un regard en arrière,
Cette pensée, souvent, me vient à l’esprit :
« Au fond il n’y a pas d’incrédules
Si ce n’est, peut-être, nous-mêmes ! »

Car, tous les mois, après la tenue,
Nous nous réunissions pour fumer,
Nous n’osions pas faire de banquets
( de peur d’enfreindre la règle de caste de certains frères )
Et nous causions à cœur ouvert de religions et d’autres choses,
Chacun de nous se rapportant
Au Dieu qu’il connaissait le mieux.
L’un après l’autre, les frères prenaient la parole
Et aucun ne s’agitait.
L’on se préparait à l’aurore, quand s’éveillaient les perroquets
Et le maudit oiseau porte fièvre ;
Comme après tant de paroles
Nous nous en revenions à cheval,
Mahomet, Dieu et Shiva
Jouaient étrangement à cache-cache dans nos têtes.

Bien souvent, depuis lors,
Mes pas, errant au service du gouvernement,
Ont porté le salut fraternel
De l’Orient à l’Occident,
Comme cela nous est recommandé,
De Kohel à Singapour.
Mais je voudrais les revoir tous
Ceux de ma Loge mère, là-bas !
Comme je voudrais les revoir,
Mes frères noirs ou bruns,
Et sentir le parfum des cigares indigènes
Pendant que circule l’allumeur,
Et que le vieux limonadier
Ronfle sur le plancher de l’office.
Et me retrouver parfait maçon
Une fois encore, dans ma loge d’autrefois.

Dehors, on se disait : « Sergent, Monsieur, Salut, Salam ».
Dedans c’était : « Mon frère », et c’était très bien ainsi.
Nous nous rencontrions sur le niveau et nous quittions sur l’équerre.
Moi j’étais second diacre dans ma Loge mère, là-bas.


Rudyard Kipling

samedi 20 septembre 2008

Quelques réflexions sur le Mur Blog 114

QUELQUES REFLEXIONS SUR LE MUR

Blog 114
Septembre 2008

- Le Mur de Berlin,
- Le Mur des lamentations,
- Le Mur de l’Atlantique,
- Le Mur des fédérés,
- Le Mur entre Israël et la Palestine,
- Le Mur entre les USA et le Mexique,
- La Muraille de Chine,
- Le Mur du son,
- Le Mur ( roman de J P Sartre),
- etc.

Que peuvent avoir en commun tous ces « Murs » au-delà de l’aspect sémantique et quelles réflexions philosophiques peut-on être amené à faire sur ce thème ?

La première réflexion que l’on peut être amené à faire c’est que tous ces « Murs » sont des obstacles, des butées, des éléments faits pour arrêter, pour protéger…

Il y a des évidences communes dans ce sens pour certains de ces « Murs » mais l’inventaire à la Prévert qui introduit ce texte peut paraitre ne pas s’appliquer au roman de J P Sartre pour ceux qui ne l’ont pas lu mais, selon moi, l’idée de butée, d’obstacle, de fin s’y trouve à mots à peine couverts dans chaque partie du récit.

Pour la plupart des « Murs » l’évidence de la motivation s’impose : on veut faire obstacle à la pénétration dans son « Pré carré » individuel ou national, c’est le cas depuis plus de 2000 ans pour la Muraille de Chine dont la localisation géographique évoluait en fonction des conquêtes, plus récemment pour le « Mur entre Israël et la Cisjordanie » et celui en construction entre les USA et le Mexique sans parler du « Mur de Berlin », démoli en 1989, qui séparait 2 Etats de régimes politiques différents…Il est bien certain que le fameux « Mur de l’Atlantique » de caractère défensif et construit par les Allemands dans les années 1940 s’apparente tant à la Muraille de Chine qu’à ceux d’Israël et des USA…
Mais vous allez me dire : et pour le « Mur » du son et pour le « Mur » des lamentations de Jérusalem ?
Sans parler encore du « Mur » des fédérés du Père Lachaise à Paris…

Mon propos a pour prétention de trouver le fil conducteur et la « philosophie » qui sont communs à ce mot de « Mur » dans ses multiples acceptions.
Bien sûr la gageure est hasardeuse et peu évidente et, pourtant…

Un « Mur » est fait pour soutenir et protéger un édifice qu’il soit matériel, social, moral voire politique ou religieux. Mais, le « Mur » du son ?
En fait cette expression qui avait cours il y a environ 50 ans dans le domaine de l’aéronautique n’est plus de mise depuis que les phénomènes aérodynamiques que l’on croyait insurmontables ont été expliqués et que les avions et autres objets volants ont été conçus en conséquence (On parle aujourd’hui du Mur de la chaleur en matière d’Astronautique mais des solutions ont aujourd’hui été trouvées jusqu’à un certain point toutefois).

Si le domaine matériel du « Mur » en général est indiscutable lorsqu’il s’agit de faire obstacle à une intrusion il n’en est pas de même lorsque le « Mur » en question a un rôle religieux comme à Jérusalem où les pèlerins n’ont pas, en principe, d’intentions belliqueuses. Toutefois, le contexte actuel en Palestine est tel que le « Mur des lamentations » n’est hélas pas un facteur de bonne cohabitation.
Pour les Juifs ce « Mur » aurait plutôt un rôle d’intercesseur entre eux et leur Dieu,
mais ce rôle d’intermédiaire ne peut être que symbolique puisque les messages qu’y déposent les pèlerins ne peuvent le traverser matériellement…

Pour terminer cette 1 ère partie de notre réflexion sur le « Mur » on ne peut pas passer sous silence le « Mur des fédérés » qui fut une fin pour les 150 communards alignés devant un « Mur » dans le cimetière du Père Lachaise à Paris pour y être fusillés sur l’ordre de Thiers en 1871.
Mais ce qui fut une fin pour ceux-là fut un début pour une nouvelle République (1875) qui apporta, entre autres, la Laïcité dans nos institutions…


Conclusion :
Au-delà de l’aspect matériel d’un « Mur obstacle » n’y a-t-il pas un aspect symbolique qui voudrait que celui-ci soit franchissable quand on prend du recul par rapport aux contingences matérielles et quand les humains bannissent la haine et le refus de l’autre ?
C’est à dessein que j’ai évoqué le « Mur du son » qui est du domaine purement technique et qui prouve qu’un « Mur » peut être franchi grâce à l’intelligence humaine. Pourquoi ne pourrait-il pas en être de même pour les problèmes de société ?
La destruction actuellement en cours du « Mur » de Chypre qui séparait Turcs et Grecs est la preuve que la bonne volonté et la tolérance conduisent à une conclusion qu’on peut espérer définitive à l’inverse de ce qui se passe ailleurs où l’acceptation de l’autre n’est pas encore de mise…

En un mot l’Humanisme dans son sens profond est la réponse à tous les problèmes de « Mur »….

Rlz