QUELQUES REFLEXIONS SUR LE MUR
Blog 114
Septembre 2008
- Le Mur de Berlin,
- Le Mur des lamentations,
- Le Mur de l’Atlantique,
- Le Mur des fédérés,
- Le Mur entre Israël et la Palestine,
- Le Mur entre les USA et le Mexique,
- La Muraille de Chine,
- Le Mur du son,
- Le Mur ( roman de J P Sartre),
- etc.
Que peuvent avoir en commun tous ces « Murs » au-delà de l’aspect sémantique et quelles réflexions philosophiques peut-on être amené à faire sur ce thème ?
La première réflexion que l’on peut être amené à faire c’est que tous ces « Murs » sont des obstacles, des butées, des éléments faits pour arrêter, pour protéger…
Il y a des évidences communes dans ce sens pour certains de ces « Murs » mais l’inventaire à la Prévert qui introduit ce texte peut paraitre ne pas s’appliquer au roman de J P Sartre pour ceux qui ne l’ont pas lu mais, selon moi, l’idée de butée, d’obstacle, de fin s’y trouve à mots à peine couverts dans chaque partie du récit.
Pour la plupart des « Murs » l’évidence de la motivation s’impose : on veut faire obstacle à la pénétration dans son « Pré carré » individuel ou national, c’est le cas depuis plus de 2000 ans pour la Muraille de Chine dont la localisation géographique évoluait en fonction des conquêtes, plus récemment pour le « Mur entre Israël et la Cisjordanie » et celui en construction entre les USA et le Mexique sans parler du « Mur de Berlin », démoli en 1989, qui séparait 2 Etats de régimes politiques différents…Il est bien certain que le fameux « Mur de l’Atlantique » de caractère défensif et construit par les Allemands dans les années 1940 s’apparente tant à la Muraille de Chine qu’à ceux d’Israël et des USA…
Mais vous allez me dire : et pour le « Mur » du son et pour le « Mur » des lamentations de Jérusalem ?
Sans parler encore du « Mur » des fédérés du Père Lachaise à Paris…
Mon propos a pour prétention de trouver le fil conducteur et la « philosophie » qui sont communs à ce mot de « Mur » dans ses multiples acceptions.
Bien sûr la gageure est hasardeuse et peu évidente et, pourtant…
Un « Mur » est fait pour soutenir et protéger un édifice qu’il soit matériel, social, moral voire politique ou religieux. Mais, le « Mur » du son ?
En fait cette expression qui avait cours il y a environ 50 ans dans le domaine de l’aéronautique n’est plus de mise depuis que les phénomènes aérodynamiques que l’on croyait insurmontables ont été expliqués et que les avions et autres objets volants ont été conçus en conséquence (On parle aujourd’hui du Mur de la chaleur en matière d’Astronautique mais des solutions ont aujourd’hui été trouvées jusqu’à un certain point toutefois).
Si le domaine matériel du « Mur » en général est indiscutable lorsqu’il s’agit de faire obstacle à une intrusion il n’en est pas de même lorsque le « Mur » en question a un rôle religieux comme à Jérusalem où les pèlerins n’ont pas, en principe, d’intentions belliqueuses. Toutefois, le contexte actuel en Palestine est tel que le « Mur des lamentations » n’est hélas pas un facteur de bonne cohabitation.
Pour les Juifs ce « Mur » aurait plutôt un rôle d’intercesseur entre eux et leur Dieu,
mais ce rôle d’intermédiaire ne peut être que symbolique puisque les messages qu’y déposent les pèlerins ne peuvent le traverser matériellement…
Pour terminer cette 1 ère partie de notre réflexion sur le « Mur » on ne peut pas passer sous silence le « Mur des fédérés » qui fut une fin pour les 150 communards alignés devant un « Mur » dans le cimetière du Père Lachaise à Paris pour y être fusillés sur l’ordre de Thiers en 1871.
Mais ce qui fut une fin pour ceux-là fut un début pour une nouvelle République (1875) qui apporta, entre autres, la Laïcité dans nos institutions…
Conclusion :
Au-delà de l’aspect matériel d’un « Mur obstacle » n’y a-t-il pas un aspect symbolique qui voudrait que celui-ci soit franchissable quand on prend du recul par rapport aux contingences matérielles et quand les humains bannissent la haine et le refus de l’autre ?
C’est à dessein que j’ai évoqué le « Mur du son » qui est du domaine purement technique et qui prouve qu’un « Mur » peut être franchi grâce à l’intelligence humaine. Pourquoi ne pourrait-il pas en être de même pour les problèmes de société ?
La destruction actuellement en cours du « Mur » de Chypre qui séparait Turcs et Grecs est la preuve que la bonne volonté et la tolérance conduisent à une conclusion qu’on peut espérer définitive à l’inverse de ce qui se passe ailleurs où l’acceptation de l’autre n’est pas encore de mise…
En un mot l’Humanisme dans son sens profond est la réponse à tous les problèmes de « Mur »….
Rlz
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