jeudi 24 avril 2008

Les Médecins et nous, les " Patients "...

Blog 093

Avril 2008

Les Médecins et nous, les

« Patients »...

La santé est un bien précieux et chacun de nous fait en sorte de la conserver de la meilleure façon possible avec bien sûr l’aide du corps médical et des moyens techniques et technologiques qu’il détient : observations cliniques, analyses diverses et variées, radiographies et autres scanners, etc.

Notre pays était et est encore en possession de tous ces moyens tout du moins avant que ne sévissent des restrictions budgétaires décidées en haut lieu et qui, à terme prochain, vont compromettre l’état de santé de toute une population et particulièrement celle aux revenus modestes...

Je ne reviendrai pas sur un texte publié précédemment qui parlait de la « médecine à 2 vitesses » tout le monde est conscient du fait que celle-ci se met en place au fil des mois, c’est une évidence, mon propos sera tout autre aujourd’hui : je voudrais parler des relations « Médecins / malades »...

En effet, et bien qu’une généralisation soit à éviter, il y a souvent de la part de certains Médecins une tendance que je trouve « fâcheuse » à considérer le patient comme inapte à comprendre les éléments du diagnostic établi par celui en qui il a placé sa confiance bien qu’il faille reconnaître que les modifications apportées au Code de la santé publique le 22 avril 2005 et qui ont « force de loi » ont sensiblement modifié le comportement des médecins dans le sens d’une meilleure information...

Malheureusement cela n’est pas aussi systématique que cela et beaucoup de malades restent dans l’ignorance des maux dont ils souffrent réellement....

Bien sûr, on peut comprendre la difficulté devant laquelle se trouve un Médecin pour annoncer une grave maladie à son patient mais la psychologie qui fait aussi partie de « l’Art du Médecin » devrait être repensée pour s’adapter au fait qu’aujourd’hui l’élévation du niveau d’instruction générale permet une meilleure compréhension réciproque...

Le système actuel plus ou moins discutable selon l’angle sous lequel on le voit
( Médecin traitant / spécialiste ) n’est pas fondamentalement mauvais car il tient compte de la personnalité du malade que devrait bien connaitre son Médecin traitant.

Mais c’est dans le secteur hospitalier que de gros efforts sont à faire car, je viens d’en faire personnellement la triste expérience, le mutisme et l’absence de réponse aux questions posées sont « monnaie courante » quand cela ne va pas jusqu’au : « moi je connais mon métier mais pas le vôtre alors laissez moi faire ». Un tel mépris ne peut en aucun cas valoriser ceux qui le pratiquent et discrédite une profession des plus honorables...

Je me souviens avoir entendu il y a un certain nombre d’années à la radio l’interview d’un médecin célèbre qui disait franchement : « moi je préfère avoir affaire à des gens sans instruction car ils ne me posent pas de questions », je ne rajoute rien...

Par ailleurs,vu mon âge j’ai connu une époque où la médecine n’était pas aussi pourvue de moyens techniques qu’aujourd’hui et où les Médecins généralistes qu’on appelait « Médecins de famille » faisaient d’excellents diagnostics et n’hésitaient pas à prendre des nouvelles de leurs patients après quelques jours de traitement...Il est vrai aussi que l’espérance de vie de cette époque n’était pas celle d’aujourd’hui encore, qu’en y regardant de plus près, et en y intégrant les accidents de la route entre autres avec leurs séquelles et les maladies telles que celle d’Alzheimer, le sida et autres hépatites virales il y ait lieu de nuancer cette triste comptabilité....

Malgré les apparences le découpage par spécialité ne me semble pas positif à tous points de vue quand on constate les interférences malencontreuses entre plusieurs traitements en cours chez un même patient et là un « recentrage » systématique par le Médecin traitant, à la demande du spécialiste consulté, devrait être indispensable ce qui n’est malheureusement pas le cas en général le spécialiste ne se contentant souvent que d’un coup d’œil rapide sur les ordonnances du malade lorsqu’il les a apportées avec lui et puis la spécialisation entraîne inévitablement une réduction du champ d’appréciation et une focalisation sur les symptômes de la spécialité...

Et puis malgré toutes les connaissances que peuvent avoir les Médecins leur infaillibilité n’est pas absolue et des erreurs de diagnostics sont parfois commises d’autant plus que le temps imparti pour une consultation est limité autour de 15 minutes tant pour des raisons conventionnelles que du fait du « turn over » obligé du cabinet médical...De surcroît, un autre phénomène tend à se développer : c’est la réticence des Médecins généralistes à faire des visites à domicile ce qui est un inconvénient notable pour les personnes âgées et dépourvues de moyens de transport personnels sans parler du coût de ces visites.

Les temps changent et les conditions de vie évoluent de plus en plus vers une fragmentation des rôles de chacun d’entre nous et l’espèce « d’intimité » qui s’était établie entre le Médecin et ses patients disparaît progressivement ce qui est regrettable...

Malgré tout nous devons conserver notre confiance dans la technicité de nos Médecins mais en tant que Patient nous devons, d’une part, admettre que tout n’est pas possible dans le domaine médical mais d’autre part, faire valoir nos droits à l’information comme la loi nous y autorise au travers du Code de la santé actuel.

Rlz

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