lundi 19 novembre 2007

Si on parlait de Grèves

Blog 061

Novembre 2007

Si on parlait de Grèves...

Que n’entend donc pas à propos des grèves des Services Publics en cours actuellement ?

Et surtout que n’entend donc pas dire comme énormités ?

Pour commencer rappelons que le Droit de Grève est inscrit en toutes lettres dans la Constitution qui nous régit jusqu’à nouvel ordre, au fait : de Qui émane ce Droit sinon des électeurs français qui l’ont votée à une large majorité le 4 octobre 1958 si mes souvenirs sont exacts ?...

Hormis les militaires je crois savoir que tous les travailleurs du secteur privé comme du secteur public disposent de ce droit constitutionnel.

Alors commençons par balayer les arguments de ceux qui ont ce droit et qui n’ont pas de courage de s’en servir pour eux lorsque leurs intérêts de salariés sont en cause. C’est trop facile de parler de compréhension de la part des autres lorsque l’on n’est pas soi-même touché par la crise économique qui, hélas, n’épargne pas grand monde d’une façon ou d’une autre ( chômage, licenciement, hausse des prix, etc.) et de critiquer, voire de manifester contre ceux qui usent de la seule arme légale dont ils disposent en tant que salariés pour défendre leurs droits et leur emplois et par ricochets ceux de tous les salariés et retraités...

Car en effet, ce n’est que quand on est confronté soi-même à ce type de problèmes que l’on doit en prendre conscience et espérer que les autres viendront à son secours, mais avant...

Un minimum de pudeur devrait retenir ceux qui, égoïstement, s’imaginent être à l’abri de cette crise plus ou moins orchestrée pour les intérêts qui ne sont en aucun cas ceux des salariés quels qu’ils soient....

Bien sûr les grèves des transports en commun gênent et entravent une certaine liberté de travailler de même que les coupures de courant électrique perturbent les entreprises mais avant de s’en prendre aux salariés qui font légalement valoir leurs droits face à des remises en cause de leurs situations présentes et futures ( retraite ) a-t-on examiné en détail le contexte social dans lequel nos dirigeants veulent nous conduire ?

Et quand je dis « nous » je veux dire l’immense majorité des Français qui ne vivent que du revenu de leur travail salarié ou d’une retraite, pour laquelle ils ont cotisé quand ils étaient en exercice, et dont le pouvoir d’achat va en s’amenuisant au fil des jours et que les prix ne cessent d’augmenter au profit d’un petit nombre de privilégiés.

On nous rebat les oreilles avec des termes techniques du domaine économique tels que « croissance, inflation, PIB, relance, CAC 40, etc. » auxquels la plupart d’entre nous ne comprennent rien et malheureusement certains croient que nous avons affaire à de savants spécialistes totalement désintéressés qui ne nous veulent que du bien...

En réalité, quand on constate les faits et les manœuvres de tout ce beau monde on ne peut que penser que les gagnants des mesures prises sont les grandes entreprises, les banques, sans parler de nos hommes politiques qui s’octroient des augmentations scandaleuses et des PDG qui partent en retraite avec l’équivalent d’un siècle de SMIC.

Et là je n’ose parler du « bouclier fiscal » et des comptes numérotés en Suisse, au Luxembourg ou dans les Caraïbes ignorés, par définition, du grand public et du fisc ni des immeubles et appartements de grand standing occupés à titre personnel ou loués par l’intermédiaire d’agences spécialisées...

Evidemment pour tous ces bénéficiaires le problème des retraites se pose différemment compte tenu de leurs moyens financiers, de leurs intérêts dans des sociétés françaises ou étrangères et en valeurs immobilières sans parler des œuvres d’art...

Cependant, le cas échéant, leurs moyens leur permettent de souscrire des contrats auprès d’organismes privés afin d’assurer leurs « arrières » et ceux de leurs héritiers au cas où...

Au fait puisque je parle d’héritage : trouve t’on égalitaire et moral que ces grosses fortunes et grosses entreprises se transmettent d’une façon héréditaire alors que les simples salariés arrivent tout juste à assurer des fins de mois parfois difficiles et ne peuvent envoyer leurs enfants dans les grandes Ecoles françaises et américaines que fréquentent les fils de PDG et autres milliardaires qui prendront la suite de papa ou maman ?

Je sais que je touche là un point sensible car qui d’entre nous, salariés, ne souhaitent pas une meilleure situation que la sienne à ses enfants ?

Mais là c’est le fondement même de la société qui serait à revoir...


Les propos assez rudes ci-dessus ne restituent que partiellement la réalité des choses car je ne me suis volontairement tenu que sur le plan des principes évitant d’avancer des chiffres auxquels on peut faire dire beaucoup de choses dans un sens ou dans un autre.

Il n’empêche que nous vivons dans une société dans laquelle la « loi du plus fort » prime toutes morales et tous scrupules et que les rapports de force actuels ne sont pas en faveur des salariés et que ceux-ci ne disposent que du droit de grève pour sauvegarder les acquits de décennies d’affrontements plus ou moins violents malgré l’incompréhension de certains qui ignorent ou veulent ignorer qu’il y a en permanence une opposition entre des intérêts contradictoires...

Rlz

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